09 mai 2008
Chapitre 61 – Un bon repas
— Tu es réveillée, Fë ?
— Oui, Amy et je vais très bien.
— Super! Regarde ce que je t’ai fabriquée.
Elle lance dans les airs des confettis qui se révèlent être de petits êtres qui déploient leurs ailes et tourbillonnent au-dessus du lit. Puis, ils se posent au plafond pour former la phrase : « Bravo FëryKat ! »
— C’est magnifique ! Tu ne serais pas un peu magicienne, par hasard?
— C’est quand même moi qui l’ait rêvée, me chuchote Sauvage à l’oreille.
— Sauvage ! Tu es réveillé aussi. Tu as vu ce que j’ai fait pour FëryKat !
— C’est très jolie, Amy.
Il passe sa main dans mon dos avant de ce lever.
— Tu es partante pour faire un tour du château ? me demande Sauvage.
Comme réponse, je me lève à mon tour et je saute dans ses bras.
— Mais avant, j’aimerais bien manger !
Amy me prend la main et m’attire vers l’extérieur de la chambre.
— Tu vas pouvoir voir la fa-bu-leu-seu salle à manger !!!
Elle se met à courir et je la suis en regardant Sauvage en riant. Ce dernier nous suit de très près. Même qu’il nous dépasse.
— Je vais arriver avant vous !
— C’est pas juste, FëryKat ne sait pas où elle se trouve.
— De toute façon, je vais donner des ordres aux cuisiniers…
— Sauvage, donner des ordres, j’aimerais bien voir ça, que je m’esclaffe.
— C’est plus qu’il veut donner des suggestions. Suis-moi !
Et bientôt, nous arrivons à la fameuse salle à manger. Ici aussi, tout est grandiose : une grande table aux pattes richement travaillées, un lustre aux centaines de bougies, un foyer énorme où un bon feu fume allégrement et un magnifique tableau représentant notre monde. Amy s’est placée près d’une chaise.
— Ta place est ici !
— Pourquoi ?
— C’est comme ça !
Je m’assois et elle se place à mes côtés.
Peu de temps après, Sauvage vient nous rejoindre. Il se place à mes côtés et me prend la main doucement.
— J’espère que le repas te plaira…
Sans attendre, les cuisiniers arrivent et nous portent notre repas. Une odeur des plus alléchantes chatouille mon nez et me met l’eau à la bouche. Je mange de bon appétit, car tout est délicieux. Chaque met à un goût particulier que je n’ai jamais goûté. Je souris à Sauvage.
— Mais qu’est-ce que donc ces mets ?— C’est un secret…
De toute façon, je ne veux pas le savoir vraiment. Je suis juste contente de manger de tels aliments.
Lorsque tout le monde a fini de manger, Sauvage nous entraîne dans une petite pièce où l’on retrouve de confortables fauteuils et divans. On vient nous servir des boissons chaudes. Pour seul éclairage, des bougies et des chandelles. Je bois ma boisson qui réconforte mon cœur et sans m’en apercevoir, je me colle tout contre Sauvage. Je vois que Amy s’est endormie. Je lève mon regard vers Sauvage, mais ce dernier est triste.
— Sauvage, tu vas bien ?
— Je ne pourrai pas t’accompagner… lorsque tu iras à la tour de la Sorcière.
— Pour quelle raison ?
— J’ai essayé, Amy aussi, il y a une barrière invisible qui nous coupe la route. J’ai bien peur que tu sois la seule à pouvoir y aller...
— Bien ! Mais avant tout, je dois faire un tour du château.
Je me lève tout en lui prenant la main et je me tourne vers Amy. Il me dit :
— Laissons Amy dormir, elle en a bien besoin. De toute façon, je crois qu’elle a fait par exprès pour nous laisser tous les deux. Elle a visiter le château je ne sais plus combien de fois. Et je dois avouer que je veux être seul avec toi… Suivez-moi, madame, pour une visite… de votre château !
— Volontiers !
Et nous voilà partis pour un tour du château.
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08 mai 2008
Chapitre 60 – Ma dernière promesse
— Fë !
— … Amy.
— Puisque tu es réveillée, je vais aller chercher quelque chose à manger pour toi !
Elle sort en courant. Sauvage se penche sur moi.
— Comment te sens-tu ?
— Je suis si fatiguée, mais en même temps, si bien, comme si j’étais dans un cocon.
— Il faut prendre le temps de bien te reposer…
— La Sorcière… vous savez où elle est ?
— …
Il tourne sa tête vers la fenêtre. Dehors, il y a une sorte de tour immense, lugubre où des oiseaux volent tout autour. Lorsque je le regarde de nouveau, il a baissé les yeux. Même si je dois déployer une force surhumaine, je lève ma main et je lui touche la joue.
— Ne t’ai-je pas promis que je la ferais partir d’ici ?
— Oui…
— Et je tiens toujours mes promesses ! Tu n’as plus à avoir peur d’elle…
— Je sais… mais c’est plus fort que moi, ça fait si longtemps…
Il me prend la main et y dépose un baiser.
— Repose-toi, maintenant.
— Le souper est servi !
Sauvage m’aide à m’asseoir et prend le plateau de nourriture que transporte Amy. Il le met sur mes genoux. Puis, patiemment, il m’aide à manger.
— D’où vient cette nourriture ?— Y’a une belle cuisine ici et y’a même des cuisiniers, s’exclame Amy.
— C’était ça, la surprise, n’est-ce pas, Sauvage ?
— Mon rêve impossible…
— Y’a des pièces que je n’ai pas visitées… à tout à l’heure !
Et elle repart aussitôt.
— On dirait vraiment qu’elle sait quand c’est le temps de s’éclipser.
— Elle est très perspicace, notre petite Amy, que je réponds.
— Finis de manger !
— J’ai l’impression d’être un petit bébé.
— Mais tu es un bébé, aussi !
Il fait par exprès pour me mettre de la nourriture sur le menton.
— Et tu en profites, en plus.
— Moi aussi, je peux profiter de toi.
Puis, sans attendre, il me lèche la nourriture qu’il m’a si gentiment étalée sur le menton. Et sa langue se rend jusqu’à ma bouche.
— Tu goûtes bon…
Il continue à me lécher doucement, comme si effectivement il voulait me savourer.
— Et toi… tu changes de sujet… Le château… c’est pour moi ?
Il s’arrête et me regarde droit dans les yeux.
— Oui, c’est pour toi. J’avais le désir secret que tu restes ici pour toujours et que nous habitions ce château.
— Un château comme je les aime !
— Mais je savais ce rêve impossible, alors je l’ai gardé secret.
— Je ne pourrai pas rester, n’est-ce pas ?
— Même si je le veux plus que tout, je ne le permettrai pas. Ta place est là-bas, ici ce n’est que pour jouer…
— Mais je veux jouer avec toi, moi !
Et il m’embrasse.
— Oh ! moi aussi, Fë, moi aussi.
Il continue à m’embrasser. Puis, il se glisse sous les couvertures et se blottit tout contre moi. Il se met à humer l’odeur de mon cou.
— Tu sens bonne, aussi…
Il pose sa tête sur mon épaule et il s’endort. « Toi aussi, tu sens bon, Sauvage. »
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07 mai 2008
Chapitre 59 – Une conversation
— Est-ce que tu crois qu’elle va aller mieux ?
— C’est sûr, elle est forte, Fë.
— Ça, c’est vrai, mais pourquoi elle est toute faible, comme ça ?
— Parce que ça demandait beaucoup d’énergie de faire ce qu’elle a fait.
— Et toi, pourquoi tu n’es pas fatigué ?
— Parce que Fë m’a donné tout son amour. Alors, c’est à mon tour de lui en donner pour qu’elle se rétablisse.
Je peux apercevoir qu’un fil d’or relie le cœur de Sauvage au mien. Il y a comme un liquide qui se déverse dans mon cœur. Pourquoi je ne peux pas me réveiller ?
— Sauvage, je suis si contente de pouvoir t’approcher de nouveau !
— Moi aussi, Amy, tu ne peux pas savoir comment !
— Tu as vu, dehors ?
— …
Pendant quelques secondes, il n’ose bouger, puis il se remet à respirer normalement.
— Elle va devoir y aller, n’est-ce pas ?
— J’imagine…
— Je suis sûre qu’elle va la faire partir, tu n’es pas d’accord ?
— …
— Moi, je suis sûre qu’elle va la faire partir. Je crois en elle !
Il se met à sourire.
— Tu as raison, Amy.
— Dis, Sauvage, après, quand Fë va faire partir la Sorcière, elle va devoir retourner dans l’autre monde, hein ?
— Oui, je crois.
— J’aimerais bien qu’elle reste, moi.
— …
— Et toi, pourquoi tu peux y rester ?
— Parce que je suis un être de magie et que ce monde est une réalisation de cette magie. Donc, je peux y rester. Mais pour Fë, c’est différent. C’est son imagination, donc elle a besoin de son imagination, mais aussi de retrouver son monde réel.
— Mais tu viens aussi de là-bas. Est-ce que tu vas partir avec Fë ?
Mais je ne peux pas entendre la réponse de Sauvage puisque je reviens brusquement dans mon corps.
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