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08 décembre 2007

Chapitre 3 – Odeurs alléchantes et questionnements

Avant même que mes yeux s’ouvrent, une délicieuse odeur de pain vient à mes narines. De la cannelles aussi… des brioches… du pain d’épices . J’ouvre les yeux et la gentille aubergiste passe la tête dans l’embrasure de la porte.

— Tu es réveillée…

Puis, elle entre avec un plateau rempli de pleins de bonnes choses à manger. Je m’installe confortablement et elle dépose le plateau sur mes genoux.

— Bon appétit!

Elle me regarde avec le sourire, un sourire rassurant et bienveillant. Elle s’assied sur le lit.

—J’espère que Sauvage ne t’a pas trop fait de mal.

En entendant le nom, je m’étouffe avec ma brioche. Affolée, elle me tapote le dos.

—Est-ce que ça va?

Non! Que je voudrais lui dire. Sauvage, c’était un nom que je lui avais donné dans ma tête en le voyant, car je ne savais pas comment il s’appelait. Alors, je suis vraiment dans mon imagination? Pourtant, je suis sûre que je n’aurais jamais pu inventer Sauvage. Il est trop… fantastique et… dangereux!

—Il s’appelle vraiment Sauvage?

—Je ne crois pas, mais personne ne connaît son vrai nom.

J’angoisse. Comment est-ce possible?!?! Elle me regarde tendrement et prend ma main doucement.

—Ne t’en fais pas. Dire qu’il fut un temps où il ne dérangeait personne.

Son regard se rembrunit. Je m’inquiète de la suite.

—Depuis qu’Elle est là, tout n’est plus tout à fait comme avant.

Elle se lève soudain.

—Mange bien. Aujourd’hui, c’est le Bal d’hiver. Quand tu auras fini, j’ai une magnifique robe pour toi. À tout à l’heure.

Puis, elle sort. Je continue de manger, mais la nourriture a perdu de sa saveur. Une boule d’émotion monte en moi et mes yeux pleins d’eau déverse quelques larmes. Je continue à penser à Sauvage. Même absent, il bouleverse mon cœur. Quand je repense à la veille pourtant, je m’enrage. Je me fâche d’avoir pour lui de la peine. Il n’a pas été tendre à mon égard, hier. Et je mange sans prendre le temps d’avaler. Je sens trop l’émotion monter et je n’en veux pas.

Quand j’ai terminé, je me lève et je vais devant un beau grand miroir au cadre orné d’or et de diamant. Sans regarder mon image, je touche la moulure. Quelle belle œuvre. Chaque diamant reflète un arc-en-ciel. Je me mets à rêver que je marche sur le dos d’un arc-en-ciel pour trouver l’or du lutin Pin-Pin… Non, mais! C’est quoi l’idée? Pour me changer les idées, je regarde mon reflet. Tout d’abord, il n’y a rien de particulier, mais de plus près, je remarque qu’il n’y a plus un seul défaut sur ma peau, mes cheveux ondulent au gré d’une brise invisible, je porte une délicate robe de nuit et mes yeux brillent d’une lueur changeante. Là, je suis dans un rêve, c’est sûr. Pourtant, tout est si tangible… 

Je suis maintenant dans une autre pièce. L’aubergiste m’aide à me préparer pour la fête.

—Comment vous appelez-vous?

—Fanina, mais tout le monde m’appelle Fafa.

—D’accord, moi c’est…

—Fë, bien sûr!

Je la regarde avec les yeux ronds et la bouche grande ouverte.

—Tu es toujours la bienvenue ici!

Elle sort de la chambre, me laissant perplexe. Alors, elle me connaît. Ça veut dire que, Sauvage aussi, il me connaît…

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