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24 janvier 2008
Chapitre 13 – Un premier souvenir et les cartes de Fafa
J’ouvre les yeux. La chambre est à peine éclairée par le soleil levant. Je me sens bien. Je prends le temps de bien m’étirer. Je regarde tout autour de moi. Il fait un peu froid. Je décide de me lever et d’aller repartir le feu. Lorsque les flammes sont bien hautes, je marche tranquillement vers la fenêtre. Et je regarde à l’extérieur.
Dehors, c’est tout blanc. De gros flocons tombent doucement, on dirait des peluches duveteuses. Les nuages créent un plafond d’un beau mauve pâle. Au loin, par-delà les maison, je vois un chemin qui se faufile dans un champ où l’on aperçoit quelques tiges de blé qui transpercent la neige. Ce champ me rappelle vaguement quelque chose…
Je cours dans le champ, c’est l’été. Le vent souffle fort et mes cheveux se retrouve souvent dans ma figure. Le ciel est sans nuage et l’odeur des fleurs me remplit les narines. Et je ris du rire des enfants heureux. Devant moi, quelqu’un d’autre cours, mais je ne vois que ses jambes. Je m’arrête, toute essoufflée. « Sauvage, arrête, j’en peux plus! » Je me laisse tomber sur le dos et je regarde le ciel. Il vient me rejoindre. Il est au-dessus de moi, mais le soleil m’empêche de voir son visage. À son tour, il s’allonge tout près de moi. Il prend ma main dans la sienne. Je tourne mon visage pour le voir. Il a fermé les yeux. Je l’observe. Comme j’aime l’observer, surtout quand il ne s’en rend pas compte. Il est jeune, tout comme moi, je sens toute la magie qui l’entoure. Ses cheveux sont abondants et désordonnés. Il a de délicates oreilles pointues. Elles ressemblent à des ailes de papillon. Il ouvre enfin les yeux et me regarde. Dans ses beaux grands yeux verts, j’y aperçois, l’instant d’un battement de cœur, une forêt balayée par le vent. Je me sens transporté. Tant de sentiments nouveaux pour une si jeune personne, je n’arrive pas à comprendre, alors je me laisse aller. Je sens toujours sa main dans la mienne et il la sert plus fort. Sauvage dit : « Comme j’aimerais que ça dure pour toujours… » [Souvenir]
Je reviens dans la chambre subitement. Fafa vient d’entrer.
— Tu es très matinale, ce matin. À ce que je peux voir, tu sembles plus en forme.
— Je suis encore un peu fatiguée, mais ça va.
— Je le savais! C’est le baiser de Sauvage qui t’a guérie. Tu as été confronté au « monstre », n’est-ce pas?
Je lui fais signe que oui.
— Et bien, je pense que le fait de l’avoir vu sous cette forme t’a fait tombé malade. Il est normal qu’il est voulu te guérir. Il a dû en souffrir, par contre.
— Il avait des marques partout sur le corps. Elles apparaissaient comme par magie!
— C’est le monstre qui lui fait ça. Ce monstre lui dévore son âme. Bientôt, il n’y aura que le monstre…
— Je ne laisserai jamais faire une telle chose, tu peux me croire! Je pars aujourd’hui pour le volcan Fyrès. La charmeuse d’étoiles m’a dit que tu m’indiquerais le chemin pour m’y rendre.
— Suis-moi.
Elle me prend la main et m’emmène avec elle.
Nous arrivons dans une pièce remplie de toutes sortes de cartes. Il y en a sur les murs, d’autres roulées par terre et une ouverte sur le bureau. Fafa se met à chercher dans une armoire et sort un long rouleau. Elle déroule la carte et se penche pour chercher l’endroit en question. Lorsqu’elle le trouve, elle me fait signe d’approcher.
— Tu vas au bout de la rue, là tu trouvera un petit sentier qui tourne à gauche. Sur le chemin, tu n’auras qu’à continuer pendant quelques heures. Un moment donné, tu commenceras à longer une montagne, c’est le volcan. J’imagine que tu veux trouver Feu-Foo. Ne t’inquiète pas, tu la trouveras assez facilement. Elle n’arrête pas de chanter!
Elle referme la carte et je viens pour sortir, mais Amy entre en même temps.
— Je savais que je te trouverais ici. Alors, c’est aujourd’hui qu’on part à l’aventure!
Je souris à Amy. Pour moi, l’aventure a commencé quand j’ai rencontré Passeur!
07:45 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14 janvier 2008
Chapitre 12 – Déterminée
Un bruit indistinct arrive à mes oreilles. Le son crescendo semble venir de la maison même. Comme sortie d’une boîte à surprise, Fafa est propulsée dans la chambre.
— Mais où est-il?
Elle se dirige vers la fenêtre, à l’affût.
— Oh! Ça non, par exemple, il n’a pas le droit de venir dans « Mon » Auberge, non madame. Je ne lui ai jamais permis ça! S’il veut terroriser tout le monde où ça lui chante, libre à lui, mais pas chez moi!
Elle frappe du pied au sol. Amy et moi sursautons.
— Pourquoi être venu ici? Il fallait que ça soit terriblement important…
Elle me scrute le visage, elle s’avance et de son doigt, touche mon front.
— Un baiser de lui… Alors, il ne t’a pas fait de « mal » cette fois?
Je fais signe que non.
— J’imagine que tu te sens mieux, aussi. Et bien… mais qu’est-ce que c’est que ça?
Elle va jusqu’au bureau et y prend un morceau d’écorce. Elle lit attentivement et lorsqu’elle a terminé, elle se tourne vers moi et me le tend.
— J’espère que tu ne le feras plus, Sauvage, dit-elle par la fenêtre. J’accepte tes excuses!
Puis, elle ferme les volets et sort de la chambre.
Je regarde l’objet en question. Je sais ce que c’est, ça vient de sa forêt. L’écorce est douce et tendre. Ça brille. Entre mes doigts, elle semble vivante, elle respire doucement. Et je peux y lire ceci :
" Pour Fafa : je suis désolé d’être venu dans ton auberge. Il était très important que je vois Fë. Je ne le ferai plus.. Pour Amy : je m’excuse de t’avoir fait peur. Comme j’aimerais que ce soit différent… Pour Fë : que de contradiction dans mon coeur. J’aimerais croire, mais j’en suis incapable. Désolé… "
J’ai les yeux plein d’eau. Déterminée, j’essuie mon visage et je me lève.
— Tu n’as pas à croire en moi, Sauvage, je n’oserais jamais te demander une telle chose. Je vais croire en moi pour nous deux!
Amy me regarde, impressionnée. Ma tête tourne, je suis toute étourdie. Je me mets à rire. Un rire doux, du bonheur pur.
— Est-ce que tu feras parti du voyage, Amy?
— Ça, s’est sûre! Tu peux compter sur moi.
Je me recouche dans le lit et je m’enveloppe dans les couvertures. Je vois que Amy est fatiguée. Je lui fais signe de venir se coucher à mes côtés. Le lit est assez grand pour nous deux! Puisqu’il est trop haut, je l’aide à monter et à s’installer confortablement.
— Demain, tu verras, j’irai mieux et nous commencerons notre voyage. Tu me feras penser de demander à Fafa la direction à prendre pour se rendre au volcan Fyrès…
Je ferme les yeux. Avant que le sommeil me gagne, je vois les yeux de Sauvage. « À bientôt, Sauvage… ». Et le noir m’englobe l’esprit.23:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Chapitre 11 – Un baiser
Toute la journée, j’alterne entre la veille et le sommeil, avec des cauchemars qui me hante, mais dont je ne me souviens de rien. Lors de mes moments de conscience, je vois le visage de Fafa, inquiète.
Au soir, je réussis à m’asseoir dans mon lit, mais je suis très faible. J’ai l’impression qu’un poison me tue lentement. La faiblesse me fait tourner de la tête et plusieurs fois j’ai l’impression que je vais m’évanouir.
Soudain, la température de la chambre baisse de plusieurs degrés. Ma chambre perd de ses couleurs et tout devient bleu. C’est lui, il est là, dans la pièce. Son visage est tuméfié et du sang coule de sa lèvre. Il a des lacérations sur tout le corps. Il s’approche du lit, mais ne s’y assoit pas. Haletante, je veux parler, mais je n’y arrive pas. Il me montre la lettre.
— Tu es sûre que tu veux faire ça? Je ne pourrai pas t’aider et même que je saurai appelé à te nuire, même si ça me répugne de te faire du mal. Le monstre prend de plus en plus de place… Je ne sais pas combien de temps je pourrai tenir, mais si ça dégénère, sauve-toi de l’autre côté. Là-bas, tu es en sécurité… Tu n’auras qu’à appeler Passeur. Lui seul a la clé…
Il tousse et du sang sort de sa bouche. Avec toute mes dernières forces, je me lève du lit et je le prend dans mes bras. Il tremble de tous ses membres. Il veut s’éloigner de moi, mais je m’agrippe à lui de toutes mes forces.
— Avant de venir ici, je cherchais quelque chose, mais ne savais pas quoi. Passeur m’a dit que je le trouverais ici. Je crois que j’ai perdu beaucoup de mes souvenirs. Et je vais les retrouver, je vais le faire pour toi, pour te sauver la vie!
Avec douceur, il m’aide à me coucher. Je vois bien qu’il doit se contrôler pour ne pas succomber à la force invisible qui le maintient prisonnier. Des marques de griffes s’impriment sur son visage. Triste, il dépose un baiser sur mon front.
— Je n’ose y croire, Fë, mais sache que tu as toujours ta place dans mon cœur…
Il se tourne vers la fenêtre. Avant de disparaître, il me regarde et dit :
« Allez, Fë, le premier arrivé gagne un… rêve! »
Puis, il n’est plus là. Alors, c’était avec lui que je coursais sur les chevaux-nuage! Je respire mieux, maintenant.
Amy arrive en trombe.
— Il était là-bas… J’ai laissé tombé la lettre… Puis quand je suis revenue, il était ici… Est-ce que ça va?
— Je crois… oui. Merci, petite Amy. J’ai même eu droit à un morceau du casse-tête. Je crois bien que je me sens mieux, aussi.
— J’espère, oui, que tu vas mieux, mais s’il te plaît, ne m’envoie plus jamais seule voir Sauvage.
— C’est promis. Peux-tu aller me chercher un verre de jus, alors.
— Pas de problème!
Et me voilà seule. La dernière phrase de Sauvage me trotte dans la tête. J’ose croire que c’est effectivement un indice pour continuer mon voyage. Mais avant tout, j’ai l’obligation de reprendre des forces. Je touche mon front, là où il a déposer un baiser. C’était si doux, comme si j’étais dans de la ouate. Mais toutes ces marques sur son corps… De la mutilation à distance par la sorcière? Ou plutôt de l’auto-mutilation forcé… Le monstre qui l’habite… J’en ai mal au cœur. J’aurai aimé soigner toutes ces blessures une à une. Dire que la première fois que je l’ai vu, sur la glace de la patinoire, je voulais être le plus loin possible de lui. Maintenant… maintenant, c’est différent. Je commence à me souvenir…00:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 janvier 2008
Chapitre 10 – Lettre à Sauvage
Loin encore dans mon sommeil, j’entend au loin une petite fille pleurer. Je me demande si c’est Amy. Le son se fait de plus en plus perçant au fur et à mesure que je reviens dans la « réalité ». Je me rends compte, avant même d’ouvrir les yeux, que c’est moi, la fille qui pleure. J’essaie de me calmer, mais c’est impossible. Il y a un trop plein de pleure coincé en moi qui s’oblige à sortir. Et je crie et je pleure. Ça fait mal, ça me déchire la gorge, mais le barrage a cédé : les eaux de ma tristesse pleuvent sur mon cœur ravagé. C’est trop, je suis incapable de tout sortir. Arrête, arrête! Ça suffit pour l’instant… Et tranquillement, je cesse de pleuvoir mon âme. Mon corps est laissé à l’abandon après la tempête.
Fafa entre en coup de vent.
— Que le rêve soit protégé, j’avais l’impression que quelqu’un essayait de te tuer!
Oui… non… Dans mon rêve, c’est Sauvage qui veut se blesser à ma place. Je me lève d’un trait, mais trop faible, je retombe sur le lit.
— Attention…
Elle s’assied à mes côtés et touche mon front.
— Tu fais de la fièvre, toi. Il va falloir te reposer…
— Mais Sauvage a besoin de moi!
— Tu ne lui seras d’aucune utilité si tu es faible comme ça. Tu peux entrer, Amy.
La petite albinos entre, timide. Mais elle ne peut s’empêcher de sauter sur le lit et me prendre dans ses bras.
— Fë, je suis si contente de te voir.
— Amy, Fë ne se sent pas bien. Tu prends soin d’elle, aujourd’hui!
— Youpi! Je serai à ton service. Demande-moi ce que tu veux!
Je lui fais un signe entendu, mais je veux que Fafa sorte avant de lui demander quoi que ce soit.
— Je vais chercher le petit déjeuner.
Elle sort de la pièce.
— Amy, ce que je vais te demander, ça reste entre nous, d’accord?
— Oh! Oui, j’aime les secret, moi.
— Je veux que tu ailles au jardin de Sauvage lui porter un mot de ma part.
Elle me fait les gros yeux.
— C’est très important. Je veux qu’il sache qu’il est important pour moi.
— Mais il le sait déjà! Je n’ai pas très le goût d’y aller, moi, à son jardin.
— Fais-le pour moi. Je sais qu’il veut me protéger de lui et par le fait même de la sorcière, mais, j’aimerais tellement l’aider. C’est ce que tu voulais, hier, que je l’aide.
— … D’accord.
— Voilà le petit déjeuner!
Amy fait comme si de rien n’était à l’arrivée de Fafa. Moi, je cherche au alentour du papier et un crayon. Il y en a justement sur la commode. L’aubergiste ressort aussitôt.
— Amy, va me chercher ce papier et ce crayon.
Elle s’exécute. Elle me donne le tout et je prends le crayon entre mes doigts tremblants.
« Sauvage, je te prie d’accepter mon aide. Aussitôt que possible, je pars à la recherche de mes souvenirs. Je suis désolée de t’avoir oubliée, j’en suis profondément blessée. Je sais que tu veux mon bien… mais moi aussi, je veux ton bien. Même si je ne me souviens de rien, je me rappelle ton amitié. Fais-moi la promesse de résister encore un peu. Je m’en voudrais et serais inconsolable si tu devenais ce « monstre » que j’ai vu hier. Mais bizarrement, je sais que tu préfèrerais mourir que d’être dénaturé de cette manière. D’une « amie » qui sent ta douleur.
P.S. Est-ce avec toi que je faisais des courses sur les chevaux-nuages? »
Je donne la lettre à Amy en lui souhaitant « bonne chance » et elle sort à son tour, avec sur le visage, de la résignation. Je m’étends alors sur le dos pour rassembler mes idées. Il fallait que je tombe malade spécialement lorsque je commence à me souvenir!
02:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01 janvier 2008
Interlude – Le rêve
Je ne porte qu’une simple robe d’été blanche.
Je marche sur une mince couche de glace.
Le décor se déplace trop vite pour que je distingue quoi que ce soit.
Chaque pas, un endroit différent, mais pourtant flou.
Toujours sur la glace, des personnages me croisent.
Sans visage, ils me dévisagent.
Je regarde derrière, une ombre me suit.
J’accélère, mais l’ombre se rapproche
Le ciel s’obscurcit.
L’angoisse monte et me démonte.
Je n’en peux plus de courir, mais la menace gronde.
Sur un nuage maintenant.
Le ciel est bleu et le soleil jaune.
Tout semble futile.
Des bulles de savon s’envole
Et j’essaie de les attraper.
J’ai comme l’impression que chacune est importante,
Mais chaque fois, même en étant délicate, je les détruis.
Je perds le fil, et ma concentration.
Une main prend mon bras.
J’essaie de voir qui sait, mais il se fait invisible.
Je veux me dégager, mais il me fait mal tellement il insiste.
Avec lui, il m’emporte loin dans un lieu indéfini,
Mais j’étouffe
Quelque chose s’insinue dans ma tête
Et me force à crier
Le crie se répercute sur des murs invisibles,
Mais qui donc crie comme ça?
Et des vagues glacées me frappent de plein fouet
Je saigne…
Dans la forêt de Sauvage.
Je suis couchée sur le lit, dans la cabane
Il est au-dessus de moi
Son regard arrogant m’empoisonne
J’essaie de bouger, mais je paralyse
Il se met à rire
« Comme c’est inutile… TU es inutile, Fë!!! HA! HA! HA! »
Un couteau dans sa main. La lame m’aveugle.
Il abaisse l’arme vers mon cœur.
Je me sens mourir, pourtant l’arme ne m’a pas touchée.
« Viens avec moi, Sauvage, ne reste pas ici! »
Mais voilà qu’il retourne l’arme contre lui…
21:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Chapitre 9 – Sur le dos de la licorne
La charmeuse d’étoiles s’approche de moi.
— Tu vas bien? Pauvre Sauvage, cette sorcière n’arrête pas de le tourmenter. Tu l’as mise très en colère!
— Moi, je pense qu’elle était déjà en colère contre moi. Elle n’a pas le droit de tourmenter Sauvage! Il était mon ami, n’est-ce pas?
Elle me fait un visage désolé.
— C’est à toi de le découvrir. La seule chose que je peux te dire, c’est d’aller voir Feu-Foo, elle seule peut t’aider dans cette quête. Mais je ne garantis pas qu’elle te dirige vers le bon chemin. Elle est du genre à mentir, parfois…
— Et où puis-je la trouver?
— Près du volcan Fyrès, mais je te conseille de retourner à l’auberge du dormeur pour te reposer. Demain, tu verras. Fafa pourra te donner plus d’explication pour trouver le volcan. Bonne nuit…
Puis, elle s’éloigne dans la nuit en disparaissant un peu à chaque pas. Maintenant que j’y pense, je suis vraiment fatiguée! Je me tourne et je me retourne. Mais où est le petit village où s’est déroulé le bal d’hiver?!?!
La solitude me pèse. Je n’ose prendre une direction, peur de me perdre, mais il va bien falloir me décider! J’essaie, tout rationnellement, de faire le chemin inverse dans ma tête, mais peine perdue. Puis, mes jambes refusent de me tenir plus longtemps et je m’effondre. J’ai l’impression que je vais m’endormir, mais je sais aussi que je ne peux pas rester là, à la merci de la sorcière. Il existe sûrement un moyen de transport qui pourra me ramener au chaud dans ma chambre de l’auberge. Je ferme les yeux et l’image d’une belle licorne au pelage argenté se dessine dans mon esprit et quand j’ouvre enfin les yeux, l’animal est là qui m’attend pour partir. Bizarrement, je n’ai aucune difficulté à me lever et je vais vers elle. Un peu sauvage, j’ai l’impression qu’il faut que j’y aille tranquillement. Je lui présente ma main. Elle enfouit ses naseaux dans ma paume. Je peux lui flatter la crinière et sa corne unique. Elle se baisse et me voilà sur son dos.
— À l’auberge du dormeur, s’il te plaît, que je chuchote à son oreille.
Et elle galope à tout allure.
Je profite de cette course vers l’auberge pour me rendre compte que je ne suis pas tout à fait la même à l’intérieur. Je me suis souvenue de mon amitié pour Sauvage. Il a besoin de moi. En moi, j’ai la certitude que je réussirai à me souvenir. Comment ai-je pu l’oublier, lui, qu’est-il arrivé? Et cette sorcière, pourquoi fait-elle du mal à Sauvage? La colère monte en moi. En fait, je suis sûre d’une chose : elle se sert de Sauvage pour m’atteindre moi. Elle veut me détruire ou quelque chose comme ça. Les réponses viendront en temps et lieu.
À la vue de l’auberge, la joie inonde mon cœur. Comme c’est bon de la revoir! La licorne me dépose près de la patinoire et s’éclipse. Je regarde pour voir si je ne verrais pas Sauvage, mais il n’y est pas. Je ne reste pas plus que de raison. Je file vers l’auberge et j’y entre. Fafa et Amy m’accueillent, toutes les deux très inquiètes.
— Tu vas bien. Monte à ta chambre avec Amy. Je vous apporte quelque chose à manger.
Amy me prend la main et monte avec moi à ma chambre.
Dans la pièce, je suis près du feu et Amy se fait toute petite sur sa chaise. Fafa entre en coup de vent avec le plateau de nourriture à l’équilibre précaire sur sa main. Elle le dépose sur la table et pointe Amy.
— Je trouve, mademoiselle, que tu as été très imprudente! Exposer Fë à Sauvage minimise ses chances face à la sorcière. Et de toute façon, c’est à elle de décider.
— Mais…
— Il n’y a pas de mais!
Je les interromps de ma main.
— C’est correct, Fafa. Je ne comprends pas tout, mais c’est décidé, je vais aller chercher mes souvenirs!
Fafa me fait un petit signe de tête et emmène Amy avec elle. Je finis de manger et je m’étends sur le lit. Sans plus attendre, je m’endors.19:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



