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26 février 2008

Chapitre 20 – Partir sans me retourner

Son visage est trop près du mien, je peux sentir son allène, elle sent le trèfle. J’aimerais partir loin de lui, mais en même temps cette proximité emballe mes émotions. Je le revois lorsqu’il est jeune. J’aimerais lui dire quelque chose, la jeune Fë voudrait parler de quelque chose d’important au jeune Sauvage, mais de nouveau, le visage du Sauvage adulte. Puis, d’une manière lente, le « monstre » se fait apercevoir. Pendant ce qui me semble un siècle, il me regarde, semblant vouloir m’écraser de tout son poids. « Vas-t’en, arrête de faire du mal à Sauvage! » Mais les paroles refusent de sortir de ma bouche. Il me prend le visage d’une main.

—    Tu crois vraiment que je vais te croire. T’es une menteuse, Fë, me crache-t-il au visage.

—    Sauvage, je t’en pris, ne le laisse pas me faire du mal. Je crois en toi!

—    Menteuse!

Je me mets à pleurer. Je voudrais me montrer forte face au monstre, mais je dois m’avouer vaincu. Il a un tel pouvoir sur Sauvage! Ce n’est pas contre la Sorcière que je n’ai aucune chance, mais contre lui, Sauvage!

Je ferme les yeux. Que va-t-il m’arriver? Je sens la main de Sauvage qui desserre ses doigts de mon menton pour se poser sur ma joue.

—    Je déteste te faire du mal, Fë. Ça me brise le cœur. Excuse-moi…

J’ouvre les yeux. Il voudrait fuir, mais en même temps, il reste là. Il me caresse le visage de sa main. À ce moment, les marques apparaissent. Je recule d’un pas. Non, je ne veux pas que par ma faute, il se fasse du mal! Il baisse les yeux et regarde ses mains.

—    Est-ce que tu crois que ça va cesser, un jour?

Il lève sa tête et me regarde, d’un air de défi. À ce moment précis, j’en suis certaine. Je suis sûre qu’un jour, son cœur pourra se reposer. Je lui souris.

—    Ça, je t’en fais la promesse!

—    Ment…

Mais je suis rapide. Je lui mets un doigt sur la bouche. Il me prend dans ses bras et semble vouloir m’embrasser, mais ses lèvres s’arrêtent tout près des miennes. Il me lâche, comme s’il s’était brûlé. Il se prend la tête entre les mains et se met à genoux. Il souffre, c’est évident. Moi, je recule de plusieurs pas. Il lève les yeux, suppliant.

—    Sauvage, je vois bien qu’être près de moi te fait du mal. Je pars. Je vais continuer mon voyage et retrouver mes souvenirs. Retourne dans ta forêt, dans ta cabane et blottis-toi dans ma couverture. Tu verras, cela te fera beaucoup de bien.

Je me détourne sans voir sa réaction et je me mets à courir. J’essuie mes yeux, mais l’émotion continue à se déverser. On dirait que la joie a déserté mon cœur pour toujours. Je m’accroche le pied dans une racine et je tombe par terre. Vidée, je décide de rester là et je pleure. Mon cœur me serre, comme si on voulait l’empêcher de battre, de vivre… d’aimer!

Commentaires

Aïe, aïe....
Non, ce n'est pas encore pour cette fois, ce rapprochement.Trop tôt.

Ecrit par : leyannis/niessou/siriuzana | 27 février 2008

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