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29 mars 2008

Chapitre 34 – C’est ce que je ressens pour toi !

Toute la journée, on joue au serviteur et à la princesse. Comme j’aimais ce jeu, quand j’étais jeune ! J’aimais tant qu’il prenne soin de moi et lui semblait y prendre un malin plaisir. Mais il me fait plus penser à un beau prince tourmenté de conte de fée. Il est si doux avec moi, si attentionné, ça semble si loin toute cette histoire de monstre, de sorcière et de souvenirs oubliés. Mais toute bonne chose à une fin.

 

 Peux-tu te lever ?

 

 Je… je ne sais pas trop.

 

Je n’ose trop me lever, j’ai trop peur d’avoir retrouvé la forme. Comme de fait, je n’ai aucune difficulté à me lever. Il prend mon manteau et il sort de la petite maison. Moi, je regarde une dernière fois autour de moi. Quand pourrais-je revenir ici ?

 

Dehors, je prends mon temps pour le rejoindre. Je fais même un petit tour tout près des cygnes, mais je dois me raisonner et retourner à l’entrée. Il me met mon manteau et ensuite il sort dans le froid. Je regarde une dernière fois le jardin, je prends une grande respiration pour humer l’odeur des fleurs. Plusieurs papillons viennent me rejoindre et les oiseaux chantent de leur chant merveilleux. Pourquoi dois-je partir loin d’ici ?

Dans la forêt, nous marchons côte à côte. Lentement, nous avançons, sans trop nous presser. Nos mains se frôlent sans se toucher, mais même en prenant tout notre temps, nous arrivons près de la patinoire, sous l’arbre solitaire.

 Je ne peux pas aller plus loin. Fafa m’en voudrait d’aller près de son auberge et de toute façon, je lui ai fait la promesse que je ne le referais plus.

Nous sommes tous les deux un face à l’autre. Aucun de nous ne bouge, comme si nous voulions arrêter le temps. Les yeux dans les yeux, nous sommes seuls au monde. J’avance d’un pas.

 Fë, il est temps de nous séparer…

 Je sais…

Mais je continue à avancer vers lui. Je sens tout mon amour pour lui m’envahir et venir jusqu’à mes lèvres. Je sais pertinemment que ce n’est pas le bon moment, je sais que ce sentiment ne sera pas compris par Sauvage, mais je ne peux plus le contenir.

 Avant de partir, je veux te dire un secret.

Il se baisse vers moi et j’approche ma bouche de son oreille.

 Je t’aime…

Il se recule vivement. En moi, mon cœur s’arrête. Je l’entends se briser en mille morceaux.

 Menteuse… t’a pas le droit de dire ça. Je te l’interdis !

Il se prend la tête entre les mains et crie.

 Va-t’en, éloigne toi de moi ! Tu n’es qu’une menteuse !

Je recule de quelques pas, troublée. Je me prends le pied dans la neige et je tombe. Je remarque que le ciel s’est de beaucoup assombri. Le monstre est revenu. Mais cette fois, tout au fond de moi, mon côté rebelle se réveille. Ce n’est pas vrai, ils ne vont pas saboter ma journée, il n’en est pas question ! Le dragon a dit de respecter Sauvage et de me respecter aussi, mais j’ai pas à les respecter eux s’ils ne me respectent pas.

Je me lève et j’avance, décidée, juste devant Sauvage. Je le pointe du doigt tout en parlant.

 Tu crois que j’ai peur de toi, Sorcière ? Si tu osais te montrer le bout du nez, au moins. T’as pas honte de faire du mal à Sauvage !

Il se met à reculer. Le monstre n’est plus là, ce n’est que Sauvage, étonné.

 Je savais pourtant que ce n’était pas le bon moment pour te le dire. J’aurais dû m’écouter… et puis non, c’est ce que je ressens pour toi, pour quelle raison devrai-je me censurer ? Mais je peux comprendre que tu ne veux pas le croire. Moi, je le crois, je crois ce que je t’ai dit, car je le sens, c’est tout.

Il penche la tête sur le côté et m’observe, en silence. Il semble attendre quelque chose. Puis, un minuscule sourire apparaît sur ses lèvres et il s’éloigne de moi. J’attends qu’il disparaisse de ma vue pour aller à l’auberge. Avant d’entrer, je m’assis sur les marches. Amy vient me rejoindre.

 Comme tu lui as parlé, à Sauvage !

 Ah ! Amy, je suis contente de te voir !

Fafa sort à ce moment-là.

 Que le rêve soit protégé, tu es en vie ! Quand Amy m’a dit que tu étais avec Sauvage, j’hésitais entre être soulagée ou alarmée.

 Ça va… enfin, je crois. Fafa, est-ce que tu sais où je peux trouver la sorcière ?

Commentaires

Leurs relations ne sera jamais aisée si la sorcière ou le monstre interfèrent en permanence !! mais elle lui a dit le fatidique "je t'aime" !!! saura-t-il le comprendre ???
Ca devient de + en + passionnant - bisous à toi, Elvi

Ecrit par : Elvi/elfdancer | 30 mars 2008

Bon, c'est dit.
C'est ça, le truc, ne jamais savoir si c'est bon de le dire ou pas....on dirait toujours qu'il y aune sorte de "monstre "ou d'autre chose tapie chez les hommes qui les empêchent d'accepter leurs sentiments.
Ouhla, on dirait que je parle par expérience, là...sourire..ouais, tiens, il avait ptêt une sorte de "monstre", en lui. Mais trop tard, il a pas su le combattre. Re-sourire.
bizzzz
Niéssou

Ecrit par : leyannis/niessou/siriuzana | 30 mars 2008

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