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15 avril 2008

Chapitre 44 – Un cadeau pour ma fête

— Allez, Fë, moi je suis presqu’au bout !

— C’est pas juste, tu le connais le labyrinthe.

— Pas du tout, ça change à chaque fois que tu le fais. Allez, tu n’as qu’à le visualiser dans ta tête. C’est facile !

Je m’exaspère. Dans ma tête, c’est le fouillis total, mais j’ai comme une image qui l’instant d’une demi-seconde, s’imprime dans ma tête.

— J’arrive !

Quand j’arrive au bout, il m’attend avec un sourire triomphant.

— Tu peux bien être fier. Je ne suis pas très bonne dans les labyrinthes. Et en plus, si tu dis que ça change à chaque fois, je ne pourrai pas me pratiquer.

Et je m’attarde sur les miroirs.

— Tu as mis des miroirs face à face !

— Tu vas pouvoir voir si ça va jusqu’à l’infini.

— Comment ?

— Tu entres dans le miroir.

Et effectivement, je peux passer à travers le miroir et c’est pareil que tout à l’heure. Et j’avance et toujours la même pièce.

— Tu pourrais faire ça toute la journée, si tu veux, y’a pas de fin. Mais j’ai une autre surprise pour toi.

Je le suis, toujours émerveillée. L’autre pièce m’intrigue ; tout ces miroirs alignés servent à quoi ?

— Dans chaque miroir tu peux voir une de tes personnalités. Essaie !

Je regarde dans le premier et je me vois avec une robe jaune. Je suis heureuse et je ris. Sauvage m’a devancée et il est déjà rendu au dernier. Sans trop savoir pourquoi, je le regarde. J’ai l’impression qu’il a arrêté de respirer. Puis, il se sauve. Je ne prends pas le temps de me regarder dans les autres miroirs et je regarde dans le dernier. Celui-ci est sombre. Je ne m’attarde pas trop et sors dans un jardin où il y a une fontaine au milieu. Il s’y trouve et lance des cailloux dans l’eau.

— Sauvage, est-ce que ça va ?

— Oui, très bien...

Je sais bien, au son de sa voix, qu’il ne va pas bien du tout.

— Qu’est-ce que tu as vu dans le miroir ?

Il se tourne vers moi avec le visage défait.

— Est-ce que tu as peur de moi ?

— Non, pas du tout.

— Je veux dire… des fois, je te fais peur, n’est-ce pas ?

J’hésite sur ce que je dois dire.

— …Oui, des fois, j’ai peur de toi.

— Et si je devenais un monstre, tu partirais à tout jamais, j’en suis sûre !

— Qu’est-ce que tu racontes ? Tu ne deviens pas un monstre ! Tu es Sauvage, mon Sauvage. Comment pourrais-tu devenir un monstre ?

— Toi, est-ce que tu as vu quelque chose dans le dernier miroir ?

— C’était sombre, je n’ai pas vu mon reflet.

Il se renfrogne. Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Est-ce que c’est grave ?

— Tu vas avoir peur de moi et tu vas partir à tout jamais !

— Y’en est pas question ! Jamais, tu m’entends, jamais !

Je me mets à pleurer et je pars en courant. Je vais jusqu’à l’auberge de Fafa où elle m’accueille avec joie.

— Mais qu’est-ce que tu as, ma puce ?

— Sauvage dit des choses bizarres. Il dit que je vais avoir peur de lui et que je vais partir pour toujours. Je veux pas partir. Je l’aime trop, Sauvage !

— Est-ce que tu lui as dit, que tu l’aimes comme ça ?

— …Non. Je suis sûre qu’il ne comprendrait pas. On dirait que je n’ai pas le droit, de l’aimer comme ça. Alors, je dis rien.

— Peut-être qu’il t’aime aussi, mais qu’il ne comprend rien à ce qui se passe à l’intérieur de lui. Peut-être que si…

— Mais s’il se met en colère à cause de ça ?

 À ce moment, Sauvage arrive dans la pièce. Il s’avance vers nous et prend ma main. Puis, nous sortons.

 Bien vite, nous nous retrouvons près de l’arbre solitaire, celui à côté du petit lac.

— Excuse-moi, j’ai gâché ta fête…

— …

Je ne sais plus où me mettre. Est-ce qu’il a entendu ma conversation avec Fafa ? Et puis, je me tourne franchement vers lui et je lui dis :

— Même si tu devenais le plus monstrueux des monstres, je resterais avec toi, parce que…

 Il penche sa tête sur le côté. Il attend. Il attend des mots que je ne suis pas capable de prononcer : « … parce que je t’aime, Sauvage ! »  [Souvenir]

Commentaires

et oui......

Ecrit par : leyannis/niessou/siriuzana | 17 avril 2008

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