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02 mai 2008

Chapitre 55 – Le château

Alors, Sauvage n’est pas un humain, mais non plus un personnage de mon imaginaire. Il était un gardien de la forêt, comme un elfe, si on peut dire.

— Fë, Calli et moi on a trouvé une sortie par là.

Je les suis et on se retrouve dehors. Il y a un chemin où deux rangées de pommiers en fleurs le borde et tout au  bout, il y a des marches de pierre. Qu’allons-nous trouver au bout de ce chemin ?

Calli ouvre le chemin, suivit de Amy et moi la dernière. Lorsqu’on montre les quelques marches, devant nous se trouve un immense château à l’air lugubre. Des oiseaux noirs volent tout autour. Du lierre grimpe sur la façade.

— Il fait peur, ce château, dit Amy. Oh, oh ! Sauvage est à l’intérieur.

— Est-ce que tu penses que la Sorcière y est aussi ?

— Je ne crois pas… Non, elle n’est pas ici.

— Bon, tu vas rester ici. Reste près de la fontaine, avec Calli. Je vais aller voir à l’intérieur. Sauvage a besoin de moi.

Je leur laisse les dernières provisions et je marche en direction de l’entrée du château. Des roses noirs flétries bordent l’allée et semblent prendre vie à mon passage. Certaines tiges veulent me blesser de leurs épines, mais je leurs échappe au dernier moment. Je me mets donc à courir jusqu’à l’entrée.

Devant la porte, celle-ci s’ouvre en grinçant. Un air glacial m’arrive à la figure. Je fais quelques pas et la porte se ferme derrière moi. La pièce où je me trouve est dans l’obscurité. Tout au bout, j’aperçois une lumière. En fait, c’est un miroir. Je m’approche rapidement et je me retrouve face à l’objet. Mon reflet est le même que celui dans le labyrinthe : la robe de velours rouge, le noir sur mes yeux et l’air de tristesse. Puis, Sauvage apparaît. Ce n’est pas Sauvage ni même le monstre. C’est quelque chose d’autre…

— Sauvage ?

— Félicitation, FëryKat, grâce à toi, Sauvage a perdu.

Et le miroir éclate en morceau. Je me protège du mieux que je peux, mais un morceau me frôle le bras et je me retrouve avec une blessure.

— Tu as mal, FëryKat ?

Et il rit, d’un rire sardonique. Je veux reculer, mais je n’arrive pas à bouger. Et les lumières s’allument. Tout autour de nous, des danseurs tournent et rient. Ils ont tous des costumes de personnages étranges et légèrement tordus.

— Tu m’offres une danse…

Ce n’est même pas une question, me voilà dans ses bras à tournoyer sur la piste aux dalles blanches et noires. Dans ses bras, je suis comme une poupée de chiffon, complètement à sa merci. Et je ferme les yeux…

 

Ai-je échoué ? Est-ce de ma faute ? Qu’est-ce que je n’ai pas compris ?  

 

 

Passeur, aide-moi…