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07 mai 2008

Chapitre 59 – Une conversation

Dans la chambre, les lumières sont tamisées. Il y a un bon feu dans la cheminée. Je remarque au plafond des peintures d’anges, de nuages et de soleil. Sur les murs, il y a des tapisseries somptueuses et les meubles sont richement travaillés. Je peux voir mon corps dans un lit à baldaquin, car je suis tout au bout. Comme si j’étais sortie de mon corps ! À la gauche du lit, Sauvage est là qui me tient la main. Il me regarde avec amour. Il y a tant d’amour dans ses yeux que j’aimerais être réveillée juste pour le regarder dans les yeux. Au pied du lit, Calli est endormie en boule et elle ronronne. Amy est à droite et semble inquiète. « Moi », je suis invisible, comme un fantôme.

— Est-ce que tu crois qu’elle va aller mieux ?

— C’est sûr, elle est forte, Fë.

— Ça, c’est vrai, mais pourquoi elle est toute faible, comme ça ?

— Parce que ça demandait beaucoup d’énergie de faire ce qu’elle a fait.

— Et toi, pourquoi tu n’es pas fatigué ?

— Parce que Fë m’a donné tout son amour. Alors, c’est à mon tour de lui en donner pour qu’elle se rétablisse.

Je peux apercevoir qu’un fil d’or relie le cœur de Sauvage au mien. Il y a comme un liquide qui se déverse dans mon cœur. Pourquoi je ne peux pas me réveiller ?

— Sauvage, je suis si contente de pouvoir t’approcher de nouveau !

— Moi aussi, Amy, tu ne peux pas savoir comment !

— Tu as vu, dehors ?

— 

Pendant quelques secondes, il n’ose bouger, puis il se remet à respirer normalement.

— Elle va devoir y aller, n’est-ce pas ?

— J’imagine…

— Je suis sûre qu’elle va la faire partir, tu n’es pas d’accord ?

— 

— Moi, je suis sûre qu’elle va la faire partir. Je crois en elle !

Il se met à sourire.

— Tu as raison, Amy.

— Dis, Sauvage, après, quand Fë va faire partir la Sorcière, elle va devoir retourner dans l’autre monde, hein ?

— Oui, je crois.

— J’aimerais bien qu’elle reste, moi.

— 

— Et toi, pourquoi tu peux y rester ?

— Parce que je suis un être de magie et que ce monde est une réalisation de cette magie. Donc, je peux y rester. Mais pour Fë, c’est différent. C’est son imagination, donc elle a besoin de son imagination, mais aussi de retrouver son monde réel.

— Mais tu viens aussi de là-bas. Est-ce que tu vas partir avec Fë ?

Mais je ne peux pas entendre la réponse de Sauvage puisque je reviens brusquement dans mon corps.

Chapitre 58 – Un nouveau sentiment et une grosse fatigue

Les yeux fermés, j’entends une douce mélodie, un chant qui berce mon cœur. Une douce chaleur m’entoure et je perçois une énergie entrer en mon cœur. Une lumière vibre à l’intérieur de moi et appelle à lui une autre lumière… qui répond immédiatement ! J’ouvre les yeux. Sauvage me serre toujours dans ses bras. Sur son visage, un sourire, serein. Je lui souris à mon tour. Mon œil est attiré par le paysage. Le ciel est violet, hérissé de rose éclatant et d’orange pourpre. Nous ne sommes plus du tout au château. Nous sommes sur un nuage, dans le ciel ! J’ai comme le vertige, mais un bon vertige, de celui qu’on voudrait toujours avoir.

— Je suis là…

— Où sommes-nous ?

— Je l’ignore, mais je me sens terriblement bien et pour moi, c’est ce qui est le plus important. Je peux te tenir dans mes bras sans avoir mal.

— Oh ! Sauvage…

Un son se fait entendre. Tous les deux, nous nous tournons vers le soleil. Dans un concerto incroyable de couleur et de musique, le soleil se lève. L’écho de son chant se répercute en moi et j’en ai le souffle coupé. Des larmes de bonheur se déversent sur mes joues. Un cri veut sortir, puissant. Sans pouvoir m’en empêcher, j’ouvre la bouche et un son, magistral, en sort. Je sens une vibration partir de mes orteils jusqu’à mes lèvres. Sauvage se met à rire, un rire pur, comme une pluie sur ma peau. Une nuée d’oiseaux nous frôlent et nous tombons sur le lit de nuages. De la ouate nous entoure. Nous respirons en harmonie.

Le ciel change de couleur. Bientôt, il est tout rose et bleu, avec quelques nuages de-ci, de-là. Sauvage me tient la main. J’ai l’impression que nous ne sommes qu’une seule et unique personne. Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens… C’est… magique ! Je suis apaisée, l’amour inonde mon être tout entier. Et surtout… je suis près de Sauvage !

Et je ferme les yeux…

 

Le froid me mord la peau. Nous voici de retour dans le château. Épuisée, mes jambes ne me tiennent plus et je me laisse aller dans les bras de Sauvage. Je n’ai plus de force !

— Fë, ça va ?

— … je ne peux pas dire…

Je le sens me prendre dans ses bras.

— Miaowww ?

— Calli, Amy, suivez-moi ! J’emmène Fë dans « sa » chambre.

— Elle va bien, dit ?

— Je crois seulement qu’elle est épuisée. Elle va devoir se reposer…

Je suis dans la chambre, car je suis couchée dans un lit. C’est tout chaud, tout doux. Je ne sais pas s’il y a quelqu’un près de moi. J’essaie d’ouvrir les yeux, mais je ne peux pas.

— Sau…

— Je suis là… tu es très fatiguée. Je crois que c’était trop en une seule fois.

— 

Il me prend la main.

— Merci, Fë, je te remercie du fond du cœur…

— … hum…

— Je vais rester près de toi, tu peux t’endor…