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08 mai 2008
Chapitre 60 – Ma dernière promesse
— Fë !
— … Amy.
— Puisque tu es réveillée, je vais aller chercher quelque chose à manger pour toi !
Elle sort en courant. Sauvage se penche sur moi.
— Comment te sens-tu ?
— Je suis si fatiguée, mais en même temps, si bien, comme si j’étais dans un cocon.
— Il faut prendre le temps de bien te reposer…
— La Sorcière… vous savez où elle est ?
— …
Il tourne sa tête vers la fenêtre. Dehors, il y a une sorte de tour immense, lugubre où des oiseaux volent tout autour. Lorsque je le regarde de nouveau, il a baissé les yeux. Même si je dois déployer une force surhumaine, je lève ma main et je lui touche la joue.
— Ne t’ai-je pas promis que je la ferais partir d’ici ?
— Oui…
— Et je tiens toujours mes promesses ! Tu n’as plus à avoir peur d’elle…
— Je sais… mais c’est plus fort que moi, ça fait si longtemps…
Il me prend la main et y dépose un baiser.
— Repose-toi, maintenant.
— Le souper est servi !
Sauvage m’aide à m’asseoir et prend le plateau de nourriture que transporte Amy. Il le met sur mes genoux. Puis, patiemment, il m’aide à manger.
— D’où vient cette nourriture ?— Y’a une belle cuisine ici et y’a même des cuisiniers, s’exclame Amy.
— C’était ça, la surprise, n’est-ce pas, Sauvage ?
— Mon rêve impossible…
— Y’a des pièces que je n’ai pas visitées… à tout à l’heure !
Et elle repart aussitôt.
— On dirait vraiment qu’elle sait quand c’est le temps de s’éclipser.
— Elle est très perspicace, notre petite Amy, que je réponds.
— Finis de manger !
— J’ai l’impression d’être un petit bébé.
— Mais tu es un bébé, aussi !
Il fait par exprès pour me mettre de la nourriture sur le menton.
— Et tu en profites, en plus.
— Moi aussi, je peux profiter de toi.
Puis, sans attendre, il me lèche la nourriture qu’il m’a si gentiment étalée sur le menton. Et sa langue se rend jusqu’à ma bouche.
— Tu goûtes bon…
Il continue à me lécher doucement, comme si effectivement il voulait me savourer.
— Et toi… tu changes de sujet… Le château… c’est pour moi ?
Il s’arrête et me regarde droit dans les yeux.
— Oui, c’est pour toi. J’avais le désir secret que tu restes ici pour toujours et que nous habitions ce château.
— Un château comme je les aime !
— Mais je savais ce rêve impossible, alors je l’ai gardé secret.
— Je ne pourrai pas rester, n’est-ce pas ?
— Même si je le veux plus que tout, je ne le permettrai pas. Ta place est là-bas, ici ce n’est que pour jouer…
— Mais je veux jouer avec toi, moi !
Et il m’embrasse.
— Oh ! moi aussi, Fë, moi aussi.
Il continue à m’embrasser. Puis, il se glisse sous les couvertures et se blottit tout contre moi. Il se met à humer l’odeur de mon cou.
— Tu sens bonne, aussi…
Il pose sa tête sur mon épaule et il s’endort. « Toi aussi, tu sens bon, Sauvage. »
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