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31 mai 2008
Interlude - Amuse-toi, petite Fë!
See Emily play
Emily tries but misunderstands
She's often inclined to borrow somebody's dreams till tomorrow
There is no other day
Let's try it another way
You'll lose your mind and play
Free games for May
See Emily play
Soon after dark Emily cries, ah ooh
Gazing through trees in sorrow hardly a sound till tomorrow
There is no other day
Let's try it another way
You'll lose your mind and play
Free games for May
See Emily play
Put on a gown that touches the ground, ah ooh
Float down a river forever and ever, Emily
Let's try it another way
You'll lose your mind and play
Free games for May
See Emily play
17:23 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
09 mai 2008
Chapitre 61 – Un bon repas
— Tu es réveillée, Fë ?
— Oui, Amy et je vais très bien.
— Super! Regarde ce que je t’ai fabriquée.
Elle lance dans les airs des confettis qui se révèlent être de petits êtres qui déploient leurs ailes et tourbillonnent au-dessus du lit. Puis, ils se posent au plafond pour former la phrase : « Bravo FëryKat ! »
— C’est magnifique ! Tu ne serais pas un peu magicienne, par hasard?
— C’est quand même moi qui l’ait rêvée, me chuchote Sauvage à l’oreille.
— Sauvage ! Tu es réveillé aussi. Tu as vu ce que j’ai fait pour FëryKat !
— C’est très jolie, Amy.
Il passe sa main dans mon dos avant de ce lever.
— Tu es partante pour faire un tour du château ? me demande Sauvage.
Comme réponse, je me lève à mon tour et je saute dans ses bras.
— Mais avant, j’aimerais bien manger !
Amy me prend la main et m’attire vers l’extérieur de la chambre.
— Tu vas pouvoir voir la fa-bu-leu-seu salle à manger !!!
Elle se met à courir et je la suis en regardant Sauvage en riant. Ce dernier nous suit de très près. Même qu’il nous dépasse.
— Je vais arriver avant vous !
— C’est pas juste, FëryKat ne sait pas où elle se trouve.
— De toute façon, je vais donner des ordres aux cuisiniers…
— Sauvage, donner des ordres, j’aimerais bien voir ça, que je m’esclaffe.
— C’est plus qu’il veut donner des suggestions. Suis-moi !
Et bientôt, nous arrivons à la fameuse salle à manger. Ici aussi, tout est grandiose : une grande table aux pattes richement travaillées, un lustre aux centaines de bougies, un foyer énorme où un bon feu fume allégrement et un magnifique tableau représentant notre monde. Amy s’est placée près d’une chaise.
— Ta place est ici !
— Pourquoi ?
— C’est comme ça !
Je m’assois et elle se place à mes côtés.
Peu de temps après, Sauvage vient nous rejoindre. Il se place à mes côtés et me prend la main doucement.
— J’espère que le repas te plaira…
Sans attendre, les cuisiniers arrivent et nous portent notre repas. Une odeur des plus alléchantes chatouille mon nez et me met l’eau à la bouche. Je mange de bon appétit, car tout est délicieux. Chaque met à un goût particulier que je n’ai jamais goûté. Je souris à Sauvage.
— Mais qu’est-ce que donc ces mets ?— C’est un secret…
De toute façon, je ne veux pas le savoir vraiment. Je suis juste contente de manger de tels aliments.
Lorsque tout le monde a fini de manger, Sauvage nous entraîne dans une petite pièce où l’on retrouve de confortables fauteuils et divans. On vient nous servir des boissons chaudes. Pour seul éclairage, des bougies et des chandelles. Je bois ma boisson qui réconforte mon cœur et sans m’en apercevoir, je me colle tout contre Sauvage. Je vois que Amy s’est endormie. Je lève mon regard vers Sauvage, mais ce dernier est triste.
— Sauvage, tu vas bien ?
— Je ne pourrai pas t’accompagner… lorsque tu iras à la tour de la Sorcière.
— Pour quelle raison ?
— J’ai essayé, Amy aussi, il y a une barrière invisible qui nous coupe la route. J’ai bien peur que tu sois la seule à pouvoir y aller...
— Bien ! Mais avant tout, je dois faire un tour du château.
Je me lève tout en lui prenant la main et je me tourne vers Amy. Il me dit :
— Laissons Amy dormir, elle en a bien besoin. De toute façon, je crois qu’elle a fait par exprès pour nous laisser tous les deux. Elle a visiter le château je ne sais plus combien de fois. Et je dois avouer que je veux être seul avec toi… Suivez-moi, madame, pour une visite… de votre château !
— Volontiers !
Et nous voilà partis pour un tour du château.
20:09 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
08 mai 2008
Chapitre 60 – Ma dernière promesse
— Fë !
— … Amy.
— Puisque tu es réveillée, je vais aller chercher quelque chose à manger pour toi !
Elle sort en courant. Sauvage se penche sur moi.
— Comment te sens-tu ?
— Je suis si fatiguée, mais en même temps, si bien, comme si j’étais dans un cocon.
— Il faut prendre le temps de bien te reposer…
— La Sorcière… vous savez où elle est ?
— …
Il tourne sa tête vers la fenêtre. Dehors, il y a une sorte de tour immense, lugubre où des oiseaux volent tout autour. Lorsque je le regarde de nouveau, il a baissé les yeux. Même si je dois déployer une force surhumaine, je lève ma main et je lui touche la joue.
— Ne t’ai-je pas promis que je la ferais partir d’ici ?
— Oui…
— Et je tiens toujours mes promesses ! Tu n’as plus à avoir peur d’elle…
— Je sais… mais c’est plus fort que moi, ça fait si longtemps…
Il me prend la main et y dépose un baiser.
— Repose-toi, maintenant.
— Le souper est servi !
Sauvage m’aide à m’asseoir et prend le plateau de nourriture que transporte Amy. Il le met sur mes genoux. Puis, patiemment, il m’aide à manger.
— D’où vient cette nourriture ?— Y’a une belle cuisine ici et y’a même des cuisiniers, s’exclame Amy.
— C’était ça, la surprise, n’est-ce pas, Sauvage ?
— Mon rêve impossible…
— Y’a des pièces que je n’ai pas visitées… à tout à l’heure !
Et elle repart aussitôt.
— On dirait vraiment qu’elle sait quand c’est le temps de s’éclipser.
— Elle est très perspicace, notre petite Amy, que je réponds.
— Finis de manger !
— J’ai l’impression d’être un petit bébé.
— Mais tu es un bébé, aussi !
Il fait par exprès pour me mettre de la nourriture sur le menton.
— Et tu en profites, en plus.
— Moi aussi, je peux profiter de toi.
Puis, sans attendre, il me lèche la nourriture qu’il m’a si gentiment étalée sur le menton. Et sa langue se rend jusqu’à ma bouche.
— Tu goûtes bon…
Il continue à me lécher doucement, comme si effectivement il voulait me savourer.
— Et toi… tu changes de sujet… Le château… c’est pour moi ?
Il s’arrête et me regarde droit dans les yeux.
— Oui, c’est pour toi. J’avais le désir secret que tu restes ici pour toujours et que nous habitions ce château.
— Un château comme je les aime !
— Mais je savais ce rêve impossible, alors je l’ai gardé secret.
— Je ne pourrai pas rester, n’est-ce pas ?
— Même si je le veux plus que tout, je ne le permettrai pas. Ta place est là-bas, ici ce n’est que pour jouer…
— Mais je veux jouer avec toi, moi !
Et il m’embrasse.
— Oh ! moi aussi, Fë, moi aussi.
Il continue à m’embrasser. Puis, il se glisse sous les couvertures et se blottit tout contre moi. Il se met à humer l’odeur de mon cou.
— Tu sens bonne, aussi…
Il pose sa tête sur mon épaule et il s’endort. « Toi aussi, tu sens bon, Sauvage. »
18:07 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
07 mai 2008
Chapitre 59 – Une conversation
— Est-ce que tu crois qu’elle va aller mieux ?
— C’est sûr, elle est forte, Fë.
— Ça, c’est vrai, mais pourquoi elle est toute faible, comme ça ?
— Parce que ça demandait beaucoup d’énergie de faire ce qu’elle a fait.
— Et toi, pourquoi tu n’es pas fatigué ?
— Parce que Fë m’a donné tout son amour. Alors, c’est à mon tour de lui en donner pour qu’elle se rétablisse.
Je peux apercevoir qu’un fil d’or relie le cœur de Sauvage au mien. Il y a comme un liquide qui se déverse dans mon cœur. Pourquoi je ne peux pas me réveiller ?
— Sauvage, je suis si contente de pouvoir t’approcher de nouveau !
— Moi aussi, Amy, tu ne peux pas savoir comment !
— Tu as vu, dehors ?
— …
Pendant quelques secondes, il n’ose bouger, puis il se remet à respirer normalement.
— Elle va devoir y aller, n’est-ce pas ?
— J’imagine…
— Je suis sûre qu’elle va la faire partir, tu n’es pas d’accord ?
— …
— Moi, je suis sûre qu’elle va la faire partir. Je crois en elle !
Il se met à sourire.
— Tu as raison, Amy.
— Dis, Sauvage, après, quand Fë va faire partir la Sorcière, elle va devoir retourner dans l’autre monde, hein ?
— Oui, je crois.
— J’aimerais bien qu’elle reste, moi.
— …
— Et toi, pourquoi tu peux y rester ?
— Parce que je suis un être de magie et que ce monde est une réalisation de cette magie. Donc, je peux y rester. Mais pour Fë, c’est différent. C’est son imagination, donc elle a besoin de son imagination, mais aussi de retrouver son monde réel.
— Mais tu viens aussi de là-bas. Est-ce que tu vas partir avec Fë ?
Mais je ne peux pas entendre la réponse de Sauvage puisque je reviens brusquement dans mon corps.
23:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Chapitre 58 – Un nouveau sentiment et une grosse fatigue
Les yeux fermés, j’entends une douce mélodie, un chant qui berce mon cœur. Une douce chaleur m’entoure et je perçois une énergie entrer en mon cœur. Une lumière vibre à l’intérieur de moi et appelle à lui une autre lumière… qui répond immédiatement ! J’ouvre les yeux. Sauvage me serre toujours dans ses bras. Sur son visage, un sourire, serein. Je lui souris à mon tour. Mon œil est attiré par le paysage. Le ciel est violet, hérissé de rose éclatant et d’orange pourpre. Nous ne sommes plus du tout au château. Nous sommes sur un nuage, dans le ciel ! J’ai comme le vertige, mais un bon vertige, de celui qu’on voudrait toujours avoir.
— Je suis là…
— Où sommes-nous ?
— Je l’ignore, mais je me sens terriblement bien et pour moi, c’est ce qui est le plus important. Je peux te tenir dans mes bras sans avoir mal.
— Oh ! Sauvage…
Un son se fait entendre. Tous les deux, nous nous tournons vers le soleil. Dans un concerto incroyable de couleur et de musique, le soleil se lève. L’écho de son chant se répercute en moi et j’en ai le souffle coupé. Des larmes de bonheur se déversent sur mes joues. Un cri veut sortir, puissant. Sans pouvoir m’en empêcher, j’ouvre la bouche et un son, magistral, en sort. Je sens une vibration partir de mes orteils jusqu’à mes lèvres. Sauvage se met à rire, un rire pur, comme une pluie sur ma peau. Une nuée d’oiseaux nous frôlent et nous tombons sur le lit de nuages. De la ouate nous entoure. Nous respirons en harmonie.
Le ciel change de couleur. Bientôt, il est tout rose et bleu, avec quelques nuages de-ci, de-là. Sauvage me tient la main. J’ai l’impression que nous ne sommes qu’une seule et unique personne. Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens… C’est… magique ! Je suis apaisée, l’amour inonde mon être tout entier. Et surtout… je suis près de Sauvage !
Et je ferme les yeux…
Le froid me mord la peau. Nous voici de retour dans le château. Épuisée, mes jambes ne me tiennent plus et je me laisse aller dans les bras de Sauvage. Je n’ai plus de force !
— Fë, ça va ?
— … je ne peux pas dire…
Je le sens me prendre dans ses bras.
— Miaowww ?
— Calli, Amy, suivez-moi ! J’emmène Fë dans « sa » chambre.
— Elle va bien, dit ?
— Je crois seulement qu’elle est épuisée. Elle va devoir se reposer…
Je suis dans la chambre, car je suis couchée dans un lit. C’est tout chaud, tout doux. Je ne sais pas s’il y a quelqu’un près de moi. J’essaie d’ouvrir les yeux, mais je ne peux pas.
— Sau…
— Je suis là… tu es très fatiguée. Je crois que c’était trop en une seule fois.
— …
— Merci, Fë, je te remercie du fond du cœur…
— … hum…
— Je vais rester près de toi, tu peux t’endor…
…
01:24 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05 mai 2008
Chapitre 57 – Toi aussi, tu m’aimes !
— Je suis bien avec toi, Sauvage.
— …
— La première fois que j’ai senti ta présence, dans la forêt derrière chez moi, je savais que je voulais être ton amie. En fait, je voulais plus que ça, mais je ne le savais pas à l’époque.
— …
— Et tu as fait de mon monde imaginaire une réalité. Mais tu as fait que notre rencontre fut la plus belle chose au monde. Et de cette manière, je pouvais revenir te voir. J’avais de la difficulté à dormir la nuit. J’étais triste, mais c’était parce que j’étais loin de toi. Et tous les rêves que nous faisions, ensemble ; tes rêves terribles et dangereux et mes rêves doux de fêtes et de princesses. Si différents, pourtant notre monde est la plus belle chose que nous avons créé. Et de la création de ce monde est née quelque chose d’important : notre amour !
Il s’arrête et s’éloigne de moi. Je remarque qu’il n’y a plus aucun danseur. La lumière s’est éteinte et le vent souffle fort. Il fait froid tout à coup. Je ne peux m’empêcher de grelotter.
— Je t’aime, Sauvage, depuis toujours. Et ce jour-là, lorsque tu pensais que je ne voulais plus retourner dans notre monde parce que j’étais triste, tu te trompais. Je suis retournée dans la forêt pour te dire combien je tenais à toi, mais Passeur n’est jamais venu. Maintenant, je sais pourquoi, mais tu as vu, n’est-ce pas, tout à l’heure, tout ce que je voulais te dire et que je n’avais jamais osé dire avant ce jour-là. Et tu sais pourquoi je n’osais pas te le dire : c’est que je croyais que tu ne voudrais plus être mon ami. Je savais aussi que je ne pouvais pas vivre dans notre monde et que toi, tu ne voulais plus revenir dans la réalité. Pourtant, je sais que toi aussi tu m’aimes, depuis toujours, mais tu ne connaissais pas ce sentiment.
Le vent se lève. Je serre mon manteau tout contre moi, mais le froid me mord la peau.
— Mais qu’est-ce que c’est, l’amour ?
Je lui touche son cœur.
— C’est ce que tu ressens, là, dans ton cœur. C’est un sentiment libre et fou, tout comme toi, Sauvage. Quand on emprisonne notre amour dans notre cœur, il se produit un drôle de phénomène : cette amour devient un monstre. Il nous fait mal, il nous brûle à l’intérieur. L’amour est fait pour être partager et non pour le garder dans une prison…
Il y a maintenant une tempête à l’intérieur du château. Il s’approche de moi. Je vois sur son visage toutes les différentes expressions que je lui connais : la joie, la tristesse, la colère, les interrogations, le rebelle, le blessé, l’exalté et même… le Monstre.
— Le Monstre fait parti de toi. C’est ton amour pour moi que tu as toujours gardé pour toi. Et je n’étais pas mieux. Je n’avais jamais été capable de te le dire avant mon retour ici. Pour libérer le Monstre, dis-moi que tu m’aimes !
Et là, c’est une véritable tornade. Nous nous retrouvons en plein dans l’œil du cyclone. Il me serre dans ses bras.
— Mais ça fait mal, Fë !
— Je sais…
Et je ressens la douleur. Un cri m’échappe. Je me rends compte que le Monstre était « notre » amour, celui qu’on ne voulait s’avouer, celui qu’on avait emprisonné. Étant un être de la forêt, Sauvage n’avait connu que l’amour inconditionnel, celui qu’il donnait à la nature, avec respect et amour. Mais quand il s’est retrouvé sans aucune forêt à protéger et qu’il m’a rencontrée, il a rencontré aussi ma nature d’humaine et le seul amour que je connaissais, l’amour humain, avec ses forces et surtout, ses faiblesses. Sans m’en rendre compte, je lui communiquais mes émotions et mes sentiments et surtout, l’amour que je gardais pour moi, car je croyais que ce n’était pas bien, d’aimer. J’avais l’impression que d’aimer Sauvage, c’était mal.
Il me serre tout contre lui.
— Je t’ai appris des choses, Sauvage, mais je ne suis pas sûre d’avoir été un bon professeur.
— J’aurais dû te poser des questions sur ce que je ressentais, au lieu de cela, je me faisais du mal…
— Mais aurais-je pu te répondre ? Je le sais aujourd’hui, parce que j’ai vieilli et que je vois les choses différemment. Quand on est une enfant, on sent des choses, mais on ne comprend pas tout. Je m’excuse de t’avoir fait du mal.
— Tu n’as rien fait de mal…Son visage tout contre le mien, je ne ressens plus la douleur ni la tempête. Une chaleur intense vient me réchauffer. Nos cœur battent à l’unisson.
— Je t’aime, Fë…
D’un seul coup, la tempête cesse.
22:55 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04 mai 2008
Chapitre 56 – Comme si j’y étais
— Alors, Fë, comme il est triste, le château de Sauvage.
— Passeur, j’ai tout raté. Sauvage est devenu le monstre !
— Tu le crois vraiment ? Fais un petit effort, Fë. Tu t’es rendue jusqu’ici, tu veux vraiment repartir et le laisser comme ça ?
— Je ne veux pas m’en aller, mais je n’ai pas pu me souvenir de la naissance du monstre.
— Mais tu t’es rappelé beaucoup de choses, n’est-ce pas ?
— Oh ! oui et j’ai retrouvé mon journal. Mais il n’y avait plus les dernières pages !
— Je sais… J’ai pu le cacher. Je suis bien content que tu l’aies retrouvé.
— Je l’ai laissé là-bas pour que Sauvage puisse le lire, mais c’est trop tard.
— Il n’est jamais trop tard. Rappelle-toi, Fë, le jour où tu as dû dire adieu à Sauvage…
Adieu à Sauvage…
Je suis assise sur ma chaise de travail et j’essaie de faire mes devoirs, mais je suis incapable de me concentrer. Je ne comprends rien à ce que je dois faire. La seule chose à quoi je pense, c’est à Sauvage. Ça fait une semaine que je ne suis pas été dans « notre » monde. Il va sûrement se demander pour quelle raison je n’y suis pas retournée. La raison est simple : depuis que je suis revenue en pleurant, maman ne veut plus que j’aille dans la forêt. J’ai essayé de la convaincre, mais rien à faire. J’ai même essayé d’y aller en douce, mais elle a toujours un œil sur moi.Je me mets à pleurer. « Sauvage… »
— Alors, qu’est-ce qui se passe ?
Mon cœur manque un battement. Sauvage se tient dans l’embrasure de ma fenêtre, les mains sur les hanches. Je suis toute affolée. Et si maman arrive dans ma chambre ? Je vérifie si la porte est bien barrée et je me tourne vers lui.
— Ne parle pas si fort, sinon maman pourrait t’entendre.
Il fait le tour de ma chambre et j’ai le temps de remarquer des marques sur ses bras.
— Qu’est-ce que tu as sur les bras ?
— Ha ! ça, je… je me suis battu avec Calli. Tu sais comme elle peut être « sauvage »…
Je ne rajoute rien. J’ai l’impression qu’il me ment. Lorsqu’il a fini l'inspection de ma chambre, il se tourne vers moi.
— Ça fait longtemps que tu n’es pas revenue. Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Je…
J’essaie de respirer, mais on dirait qu’il n’y a plus d’oxygène.
— Je ne pourrai plus aller dans notre monde.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Maman pense que ça me rend trop triste, alors elle ne veut plus que j’y aille.
— Tu veux dire… que tu es triste avec moi ?
— Non, c’est maman qui…
Mais son regard a changé, il est devenu plus mauvais.
— Je le savais !
Et il sort en coup de vent.
Oh ! non, ce n’est pas ça, Sauvage. C’est maman qui pense ça, moi, j’aime tellement y être, dans notre monde, avec toi à mes côtés. J’aimerais toujours être près de toi… Oui, c’est ce que je dois te dire, Sauvage, je dois te dire que je t’aime !
À mon tour, je sors par la fenêtre, sur le petit toit. Dehors, il fait froid, il vente et il pleut. Mais ça ne me dérange pas. Je ne sens ni le vent ni la pluie, je ne sens que la douleur de mon cœur qui souffre. Est-ce qu’il me déteste ? Pourquoi croit-il que je suis triste avec lui ? Comment faire pour descendre du petit toit ? Ha ! oui, la gouttière. Je descends le long de la gouttière et voilà que je cours en direction de la forêt. Je ne vois pas où je vais, mais je cours.
— Sauvage ! Sauvage, t’es où ?
Mais aucune réponse.
— Passeur, je veux retrouver Sauvage !
Et je cherche Passeur, mais le temps passe et je ne vois aucune trace de lui. Et je trébuche sur une racine et je n’ai pas la force de me lever. Et je pleure…
De l’autre côté…
— Je le savais !De retour dans le monde des rêves, Sauvage court jusqu’au lac près de l'arbre solitaire en se grattant les bras jusqu’au sang. Il voit que Passeur est prêt à retourner dans le monde « réel », mais Sauvage le rattrape.
— Qu’est-ce que tu fais, Passeur ?
— C’est Fë, elle m’appelle.
— Ne va pas la chercher. Je te l’interdis !
— Sauvage, il pleut de l’autre côté, et Fë peut tomber malade si elle reste dehors trop longtemps.
— Mais ici, c’est moi qui la rend malade…
Et il se met à courir.
Depuis le tout début, il se berce d’illusions. La première fois qu’il l’a vue, dans la forêt, il ne put s’empêcher de vouloir la connaître. Elle le fascinait. Donc, lorsqu’elle était revenue dans la forêt, il s’était montré à elle. Il savait qu’il ne devait pas le faire, il savait que le gardien de cette forêt n’approuvait pas son geste, mais comme il avait perdu sa forêt, il n’avait plus rien à perdre. Et il avait profité du fait qu’elle avait tout un monde imaginaire pour en faire une réalité. Il pouvait de nouveau garder une forêt, tout un monde en fait. Mais peu à peu, à chaque fois qu’elle venait le voir, quelque chose grandissait en lui, une chose qui le dérangeait, une chose qu’il ne connaissait pas. Et il devenait de plus en plus irritable. Et il ne pouvait s’empêcher de lui faire peur avec ses colères. Et voilà qu’elle est triste avec lui. Il se déteste pour ça. Il gratte de nouveau ses plaies.
Il court depuis un bon moment lorsqu’il enjambe la rivière aux surprises d’un seul bond. La pluie se met à tomber. Il arrive devant le château et avec rage, ouvre les portes avec fracas. Il avance, décidé… [Souvenir]
Et après…
(ce qui suit ne s’est pas produit dans mon souvenir, mais ce passe réellement maintenant, comme si j’y étais vraiment)
…mais Sauvage s’arrête, stupéfait. Fë est là, par terre, en train de pleurer.
— Fë ?Elle se lève d’un bond et accoure vers lui. Elle se jette dans ses bras.
— Ce n’est pas vrai, Sauvage, je ne suis pas triste avec toi. Tu me détestes, c’est ça ?
Il la regarde comme si elle était irréelle. Il se recule.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu n’es pas supposée d’être ici ! Vas-t’en immédiatement !
— Oh ! non, je veux rester avec toi pour toujours… Ne m’abandonne pas !
— Mais je suis un monstre, Fë, le miroir me l’a montré et toi, tu vas partir pour toujours.
— Non, tu n’es pas un monstre, Sauvage. Je suis là, non ?
— Mais t’es pas supposée être là !
Il gronde et Fë se bouche les oreilles.
— Tu veux que je parte, c’est ça ?
— Qu’est-ce qui se passe ?
— Je vais partir, mais avant, je dois te dire une chose très importante… je t’aime !
Tu m’aimes… mais qu’est-ce que c’est, l’amour ?
18:46 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02 mai 2008
Chapitre 55 – Le château
— Fë, Calli et moi on a trouvé une sortie par là.
Je les suis et on se retrouve dehors. Il y a un chemin où deux rangées de pommiers en fleurs le borde et tout au bout, il y a des marches de pierre. Qu’allons-nous trouver au bout de ce chemin ?
Calli ouvre le chemin, suivit de Amy et moi la dernière. Lorsqu’on montre les quelques marches, devant nous se trouve un immense château à l’air lugubre. Des oiseaux noirs volent tout autour. Du lierre grimpe sur la façade.
— Il fait peur, ce château, dit Amy. Oh, oh ! Sauvage est à l’intérieur.
— Est-ce que tu penses que la Sorcière y est aussi ?
— Je ne crois pas… Non, elle n’est pas ici.
— Bon, tu vas rester ici. Reste près de la fontaine, avec Calli. Je vais aller voir à l’intérieur. Sauvage a besoin de moi.
Je leur laisse les dernières provisions et je marche en direction de l’entrée du château. Des roses noirs flétries bordent l’allée et semblent prendre vie à mon passage. Certaines tiges veulent me blesser de leurs épines, mais je leurs échappe au dernier moment. Je me mets donc à courir jusqu’à l’entrée.
Devant la porte, celle-ci s’ouvre en grinçant. Un air glacial m’arrive à la figure. Je fais quelques pas et la porte se ferme derrière moi. La pièce où je me trouve est dans l’obscurité. Tout au bout, j’aperçois une lumière. En fait, c’est un miroir. Je m’approche rapidement et je me retrouve face à l’objet. Mon reflet est le même que celui dans le labyrinthe : la robe de velours rouge, le noir sur mes yeux et l’air de tristesse. Puis, Sauvage apparaît. Ce n’est pas Sauvage ni même le monstre. C’est quelque chose d’autre…
— Sauvage ?
— Félicitation, FëryKat, grâce à toi, Sauvage a perdu.
Et le miroir éclate en morceau. Je me protège du mieux que je peux, mais un morceau me frôle le bras et je me retrouve avec une blessure.
— Tu as mal, FëryKat ?
Et il rit, d’un rire sardonique. Je veux reculer, mais je n’arrive pas à bouger. Et les lumières s’allument. Tout autour de nous, des danseurs tournent et rient. Ils ont tous des costumes de personnages étranges et légèrement tordus.
— Tu m’offres une danse…
Ce n’est même pas une question, me voilà dans ses bras à tournoyer sur la piste aux dalles blanches et noires. Dans ses bras, je suis comme une poupée de chiffon, complètement à sa merci. Et je ferme les yeux…
Ai-je échoué ? Est-ce de ma faute ? Qu’est-ce que je n’ai pas compris ?
Passeur, aide-moi…
00:11 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01 mai 2008
Chapitre 54 – La rencontre
…
Dans la forêt, il y a l’arbre solitaire. Cet arbre est tout seul au milieu d’une étendue d’herbe. Je viens souvent m’asseoir près de lui pour inventer des histoires.
…
Aujourd’hui, j’ai senti la présence de quelqu’un. J’ai voulu savoir qui c’était, mais il ne voulait pas se montrer à moi. Je l’ai appelé Sauvage.
…
Ça fait une semaine que je ne suis pas venue dans la forêt. Mais ça ne m’a pas empêchée de continuer à inventer plein de nouveaux personnages et de lieux pour mon monde imaginaire. Et bien sûr, j’ai imaginé des histoires avec Sauvage, j’espère qu’il va se montrer, cette fois…
…
Je cours dans la forêt jusqu’à l’arbre solitaire. Je m’arrête, car il y a quelqu’un sous l’arbre. Il se lève quand j’arrive.
— Ça fait longtemps que tu n’es pas venue ici…
— Sauvage !
— C’est quoi ce nom ?
— C’est ton nom, parce que la dernière fois, je t’ai trouvé un peu « sauvage » de te sauver.
— Je ne me suis pas « sauver », c’est juste que… Je ne suis pas supposé me montrer à toi, humaine.
— Humaine ? Tu n’es pas humain, toi ?
— Je suis un être de la forêt. Je suis le gardien d’une partie de la forêt, mais je n’ai plus de forêt à garder.
— Pourtant, tu es ici. Tu dois être le gardien de cette forêt !
— Ce n’est pas moi. Le gardien me laisse faire, mais je devrai partir, un jour.
— Quoi ? Mais je viens à peine de te rencontrer ! Et où est ta forêt ?
— Les machines l’ont détruite…
Il se détourne de moi.
— Est-ce que je peux faire quelque chose ?
— Peut-être que si tu me trouves une forêt…
— Oh ! oui, dans mon monde, il y a une forêt… juste pour toi !
Il penche la tête sur le côté avec un regard interrogateur.
— Dans ton monde…
— Mais avant, il faut trouver Passeur. C’est lui qui va nous faire entrer !
Je viens pour partir, mais il m’effleure la main. Je m’arrête, surprise par tant de douceur. Il approche sa tête de la mienne. Dans ses beaux grands yeux verts, j’y vois toute une forêt balayée par le vent.
— Si j’accepte d’aller dans ton monde, me promets-tu de toujours venir me voir ?
— Ça, c’est sûr ! Suis-moi, maintenant.
Je lui prends la main et je me mets à courir. Je suis toute contente d’être l’amie d’un gardien de la forêt. Je suis même convaincue que je vais trouver Passeur et qu’il va nous emmener dans mon monde. Mais ma joie est de courte durée. Je dois me rendre à l’évidence que Passeur n’est qu’un personnage issu de mon imagination. Je ne peux quand même pas décevoir Sauvage.
— Regarde, humaine, je crois que c’est Passeur, là-bas.
Je le regarde, les deux poings sur les hanches.
— Je ne m’appelle pas « Humaine ».
— Et comment tu t’appelles, alors ?
— Je m’appelle FëryKat, mais tu peux m’appeler Fë.
— Comme les petites fées des bois !
— Elles existent pour de vrai ?
— Bien sûr. Tu en doutais ?
— Et bien…
— Bonjour FëryKat, bonjour Sauvage.
Je bondis dans les airs. C’est Passeur, il est devant moi, en chair et en os. J’en crois pas mes yeux !
— Alors, on veut aller dans le monde des rêves ?
— … Euh… oui…
— Suivez-moi !
Et Sauvage me prend la main, avec le sourire aux lèvres. Je lui trouve un air taquin, on dirait qu’il cache quelque chose.
Et puis, nous arrivons à une porte dans un arbre. J’ouvre grand les yeux. Est-ce que ça arrive pour de vrai ?
— Prenez-moi chacun une main. Comme ça. Faites un beau voyage…
Et nous voilà près d’un arbre dans un champ.
— C’est l’arbre solitaire !
— Et où est ma forêt ?
Je suis toute confuse. C’est vrai, je lui ai dit qu’il y avait une forêt juste pour lui dans mon monde. Je regarde autour de moi. J’aperçois un petit lac. Je cours vers ce lac et je regarde à l’intérieur.
— Il faut regarder dedans pour se retrouver de l’autre côté.
Et son visage se retrouve près du mien, toujours avec son petit sourire. Est-ce qu’il se moque de moi, ou quoi ?
— Attends ! C’est toi, hein, qui a fait de mon monde quelque chose de réel ?
— De quoi tu parles ? Tu m’as dit que tu avais un monde et qu’il y avait une forêt pour moi. Donc, je suis venu jusqu’ici pour garder ma forêt.
Il se regarde dans l’eau et le voilà de l’autre côté.
— Qu’est-ce que tu attends ? Tu ne veux pas découvrir ton monde ?
— Alors, c’est toi…
Et je me retrouve de l’autre côté, moi aussi. Il s’est mis à courir et j’essaie de le rattraper, mais c’est impossible, on dirait qu’il plane sur le sol. Alors, je décide de marcher et de regarder autour de moi. Je suis dans un genre de petit village où il y a des décorations et des gens déguisés.
— Fë, tu viens. Je crois que ma forêt est par-là !
Et je le suis dans une forêt. Dans cette forêt, les oiseaux chantent une merveilleuse mélodie, des fleurs de toutes les couleurs fleurissent les arbres et des papillons magnifiques qui virevoltent partout. Comme c’est merveilleux ! Et bientôt je me retrouve devant une entrée faite de fleurs, de branches emmêlées et de vignes. J’entre et j’ai le plaisir de découvrir le jardin de Sauvage avec les sommets des arbres qui se rejoignent pour faire un toit. Sauvage prend ma main et m’emmène près d’une chute d’eau qui se déverse dans un petit lac.
— C’est parfait, Fë, merci beaucoup… [Souvenir]
Et c’est ainsi que mon monde imaginaire devint réalité. Grâce à Sauvage…01:41 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note





