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11 juin 2008

Chapitre 62 – Le château de mes rêves (1 de 2)

Tout commence par un escalier. Ce dernier est en marbre blanc et il est bordé par deux murs de briques. Nous montons les marches et tout en haut, Sauvage se met à courir et saute dans… le vide ?!?!?

— Sauvage !!!

Je me mets à courir à mon tour et j’arrive près d’un grand espace circulaire. Sauvage est en train de sauter sur un trampoline. Au plafond, une étoile à huit branche illumine la pièce de couleur orange.

— Saute, Fë !

Je me recule quelque peu pour prendre mon élan et je saute. Tous les deux, comme des enfants, on rebondit sur la surface élastique. Et on rit. Quelle euphorie ! Puis sans avertir, Sauvage descend du trampoline et me fait signe de le suivre.

— Il y a encore pleins de surprises !

Alors, je le suis.

Bizarrement, nous nous retrouvons dans une forêt à ciel ouvert. Nous suivons un chemin de pierres lisses et chacune brille.

— Une forêt dans le château… quelle bonne idée, Sauvage !

Je l’embrasse sur la joue et il fait une petite moue des plus mignonnes.

— Juste sur la joue ?

Je lui fais le plus beau de mes sourires et mes lèvres touchent aux siennes. Lorsque je m’éloigne, il est tout sourire.

— Là, c’est mieux. Tu peux avoir la prochaine surprise…

Il me fait signe de regarder devant moi et voilà un portail en plein milieu de la forêt. Nous « entrons » dans une autre section de la forêt et j’entends des voix. Bien qu’aillant cru tout d’abord que c’était des gens, en m’approchant, je constate que c’est d’étranges chiens. Il y en a un tout blanc avec des dessins noirs sur le pelage, comme des tatouages. L’autre a le dos gris très foncé et les pattes blanches, toujours avec les « tatouages », mais les siens sont rouges. J’interroge Sauvage du regard. Il vient pour me répondre, mais voilà que le « chien » blanc s’approche de moi et veut que je monte sur son dos.

— Je suis heureuse de faire enfin ta connaissance.

— Mais qui êtes-vous ?

— Sacha et voici, Mino.

Je regarde en direction de Mino qui a laissé Sauvage monter sur son dos, mais n’a pas l’air de trop apprécier.

— Mino a un caractère plutôt difficile, mais c’est un bon compagnon lorsqu’on le connaît bien.

— Je t’entends, Sacha, je ne suis pas sourd. Bien sûr, Sauvage sait très bien que je déteste ça, en fait, mais il le fait par exprès, il aime ça me faire souffrir…

— Après tout ce temps, mon ami, je suis bien contente d’avoir de la visite !

Mino me regarde et sourit enfin.

— Bon, voyant qui de nous deux allons gagner la course à travers la Forêt Envahissante, s’exclame Sacha.

Au mot course, Mino s’est tout de suite senti concerné.

— C’est moi, bien sûr !

— Voyons cela… 1,2,3… GO !

Et je dois m’accrocher à la crinière de Sacha pour ne pas tomber à la renverse.

La course à travers les bois se fait audacieuse : à travers des murs de briques, sur de vielles souches d’arbres, par-dessus des rivières, sur des ruines, des petites cabanes… Puis, nous arrivons près d’une caverne. C’est Sacha et moi qui avons gagné.

— Bien sûr, ma chère FëryKat, je vous ai laissée gagner…

— Tu ne peux pas simplement admettre que je t’ai encore une fois battu.

— Vous ne gagnez pas à tout coup, ma chère.

— Plutôt souvent, mais je vais faire comme si je n’avais rien entendu.

Je ne peux m’empêcher de rire et cela déride Mino.

— Je suis très heureux d’avoir fait ta connaissance, FëryKat. J’espère que tu reviendras plus souvent.

— Bien sûr, qu’elle va revenir, n’est-ce pas ? m’interroge Sacha.

Puisque je n’ai aucune idée si je vais revenir ici un jour, Sauvage vient à ma rescousse.

— Il nous reste pleins de choses à voir, alors à la prochaine vous deux !

En leur faisant signe de la main, Sauvage me dirige vers la grotte.

Tout d’abord, j’ai l’impression d’avoir perdu la vue tellement il fait noir, mais au fur et à mesure que nous avançons, une lumière semble émaner des murs. Je touche la surface translucide qui semble légèrement changer de couleur, comme une opale. Puis soudain, des bulles envahissent le tunnel. Sauvage glisse sa main dans la mienne et ralentit l’allure pour que je profite encore plus de ce moment magique. J’ai l’impression que je ne suis plus au château, mais dans un autre endroit, une autre dimension…

Après une éternité, nous arrivons dans une immense pièce toute blanche, avec un foyer et des lustres au plafond. J’aperçois une entrée au fond de la pièce et un magnifique piano à queue m’y attend. J’accélère le pas. Une vague d’émotion monte en moi et je passe ma main sur le dos de l’instrument. Puis, je m’assieds sur le banc. Je laisse mes doigts se promener sur les touches et la mélodie de Sauvage retentit sur les murs de la pièce. Je regarde Sauvage avec tout mon amour et je le vois bouleversé.

Lorsque j’ai fini, Sauvage qui a les larmes aux yeux, me prend dans ses bras.

— Tu joues si bien…

— Tu sais, je ne jouais plus vraiment chez moi.

— Et pourquoi ? J’adorais t’entendre jouer avec les étoiles.

— Je ne sais pas… Je n’ai qu’un synthétiseur chez moi et j’aime beaucoup mieux jouer sur un « vrai » piano. Et c’est une autre époque, aussi…

Il me prend la main et m’éloigne de l’instrument qui a réchauffé une partie de moi que je croyais endormie pour toujours.

Puis, nous prenons un escalier en colimaçon. Je regarde tout en haut et j’ai l’impression que ça va nous prendre un temps infini, mais bientôt, les marches montent d’elles-mêmes, comme un escalier roulant. Je me blottis tout contre Sauvage. Je peux sentir toute sa chaleur m’envahir.

— J’adore « notre » château…

— Je l’ai imaginé en pensant très fort à toi.

Il m’entoure de ses bras. Je suis si bien, je me sens tellement en sécurité à ses côtés. Comment ai-je pu l’oublier pendant toutes ces années ? Un frisson me parcourt. Une vague de tristesse fonce droit sur moi. Le bonheur si présent en moi, s’est enfui. Le gris se fait tout autour de moi. La Sorcière…

— Elle n’est pas ici, Fë…

Je me réveille soudain. Nous sommes tout en haut. Je suis un peu étourdie. Sauvage m’emmène près d’un banc. Je ne me fais pas prier pour m’y asseoir.

— Prenons le temps pour nous reposer.

— Sauvage, tout à l’heure, est-ce que…

— Oui, le décor a changé de couleur, mais… elle ne peut pas venir ici…

J’ai soudain très peur. Une peur qui fait battre mon cœur. J’ai l’impression que la Sorcière est entrée dans le château et qu’elle veut saboter mon bonheur. Je me mets à trembler et je ne peux m’empêcher de pleurer.

— Je veux rester ici, Sauvage, pour toujours !

Il se place devant moi, à genoux et il sert mes mains dans les siennes

— Peu importe ce qui va arriver, je serai toujours avec toi.

Il passe sa main sur ma joue et va jusqu’à mon cou. Il prend le petit chat de cristal qui pend au bout d’une chaîne.

— Quand tu ne seras plus sûre de rien, que tu ne sauras plus quoi faire ou que tu aura peur, touche ce chat de cristal et tu sentiras ma présence.

— Mais après, Sauvage, après la Sorcière, si j’arrive à la faire disparaître…

— Quoi, tu as fait tout ce chemin avec une volonté de fer, sans jamais douter, tu m’as sauvé du Monstre, malgré toutes les embûches et maintenant, tu doute encore de ton pouvoir en ce monde ?

— Là n’est pas la question…

Je me lève soudain. Quelque chose gronde en moi, quelque chose qui veut sortir.

— Fë, qu’est-ce qu’il y a ?

Je le regarde. Je suis comme figée. Ma bouche est ouverte, mais j’ai peur de ce qui va sortir. La vérité me semble folle ; je suis dans un monde, mon monde, un monde merveilleux issu de mon imagination, un monde rendu réel grâce à la magie de Sauvage, un monde dans lequel je ne peux pas rester, un monde que je devrai quitter quand tout sera fini. Et je devrai retourner dans la réalité… sans lui !!!

— Je ne veux pas t’oublier.

— Il n’en est plus question maintenant.

— Je… c’est que… loin… tu seras loin de moi…

— Mais tu auras le chat de cristal…

Mais je peux sentir toute la détresse qui transperce son être tout entier. Je voudrais lui dire que ce n’est rien, que tout va bien aller, mais ça semble impossible maintenant. Je ne peux plus faire semblant que les choses ne me font pas peur.

Commentaires

Quel Génie en toi petite FË ...J'ai trop aimer
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F☆zou

Ecrit par : Fazou | 11 juin 2008

Enfin la suite!!!!
Heu...tu dis "une trampoline "toi? je dirais "un" plutôt, ah, ce fichu word, lol!!!!!
J'ai mis la suite d'Abby aussi, ça avance, ça avance...
Bisous à toi
Niéssou

Ecrit par : leyannis/niessou/siriuzana | 11 juin 2008

C'est très beau et j'adore la mélodie de Sauvage - tu l'as composée au synthé ??, superbe même si, comme toi, je préfèrerais avoir MON ancien piano plutôt que mon synthé ...
Oui,être ensemble sans l'être ce sera dur...les séparations sont difficiles à accepter.... et faire semblant de ne pas avoir peur, c'est aussi se mentir à soi même ..; autant l'admettre - Plein de bisous, j'ai bcp aimé lire ce passage - ELVI

Ecrit par : Elvi/elfdancer | 11 juin 2008

Pour la musique, non c'est du Evanescence (en principe). Trouvé un jour sur un site de musique inédite de Evanescence. Disons que j'ai deux compositions que je m'amuse à jouer sur les pianos que je peux trouver (les vrais). JE vais peut-être m'être une des mes compositions sur laquelle mon frère avait fait un arrangement... Je vais réfléchir là-dessus.

Ecrit par : fërykat | 11 juin 2008

Pour la musique, c'est pas le bon format, donc je pourrais pas vous la faire entendre :(

Ecrit par : fërykat | 11 juin 2008

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