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20 juin 2008

Chapitre 64 – Dans la tour de la Sorcière

Je suis devant une porte. Cette porte m’est étrangement familière. Derrière moi, il y a un escalier que je ne me souviens pas d’avoir monté. Je prends une grande respiration et j’ouvre la porte. Étrangement, je me retrouve dans ma chambre de jeune fille. Devant moi, je vois la scène de nos adieux, à Sauvage et à moi. Mais je suis dans une bulle de verre, comme si je regardais un spectacle. Mais je n’entends rien. Sauvage sort par la fenêtre. Ma bulle suit la jeune Fë qui descend par la gouttière. Comme reliée par elle, ma sphère de verre la suit dans la forêt. J’ai de la peine pour ma jeune moi. Même si elle tombe, elle se relève. Je vois ses lèvres bouger, des larmes dans ses yeux, mais Passeur ne se montre pas. Puis elle tombe et ne se relève pas. Elle pleure, mais bientôt ses larmes se transforment en rage. Elle se relève et je peux voir que sur son visage, il y a de la haine. Je reçois cette information comme un coup dans le ventre. Ma bulle de verre se brise…

 

— Ce n’est pas vrai, Sauvage, je ne suis pas triste avec toi. Tu me détestes, c’est ça ?

Pour seule réponse, le tonnerre gronde

— Ne m’abandonne pas !

Le vent fait valser les arbres.

— Si tu ne te présentes pas tout de suite, je m’en vais, tu m’entends ?

Mais aucun signe de Sauvage.

— Je ne reviendrai plus jamais, plus jamais…

Ma jeune personne enlace un arbre.

— Je t’aime, Sauvage, je t’aime plus que tout… Je voulais que tu le saches, mais je ne savais pas comment te le dire…

Avec effort, elle se détache de l’arbre. Puis un éclair d’espoir illumine son petit visage triste.

— Je sais, j’ai une idée!

Elle sort quelque chose de sa petite sacoche qu’elle porte en bandoulière. Elle en sort… le journal! Elle l’ouvre et en déchire quelques pages. Puis, elle les plie et se met à creuser la terre au pied de l’arbre. Lorsque son trou est assez grand, elle met les feuilles à l’intérieur et recouvre le tout. Puis, elle se lève et s’en va…

Moi, je suis encore sous la pluie. Je remarque que la jeune Fë a laissé le journal par terre. Je le ramasse et je veux la suivre pour le lui ramener, mais je suis attirée malgré moi vers un endroit dans la forêt… L’arbre solitaire! Et tout près, Passeur.

— Que m’arrive-t-il, Passeur?

— J’allais justement te poser la même question.

— Fë… je veux dire, moi quand j’étais jeune a laissé son journal. Je voulais le lui redonner.

Il semble réfléchir. Je prends une décision. Je lui donne.

— Tu es sûre que c’est une bonne idée?

— De toute façon, je ne pourrai pas le redonner à ma jeune moi. Elle ne me verrait pas. Garde-le en lieu sûr. Lorsque ça sera le moment, je reviendrai le chercher… Amène-moi voir Sauvage.

— Comme tu veux…

 

Je suis au château, à l’entrée. Je vois le jeune Sauvage sur un trône, tout au fond de la pièce. Je m’avance face à lui. Il lève lentement les yeux. Son regard est pure folie.

— Qui es-tu?

— Je… tu peux me voir?

— Bien sûr, c’est comme évident et tu n’as pas d’affaire ici!

Il se lève et s’avance devant moi. Il me regarde avec dédain. Mon cœur bat trop vite, comme si j’avais peur de la suite. Comme si la vérité se montrait à moi tranquillement, de cruelle façon.

— Finalement, tu ne m’as pas dit qui tu étais?

— Je… viens de la part de… Fë.

Le vent se lève et la pluie se fait drue. Je ressens la pluie et le froid comme si j’étais vraiment là. Oh! Non… j’y suis vraiment, dans la pièce. Comment est-ce possible?

— Fë n’est pas triste à cause de toi…

— Menteuse!

Son visage se métamorphose devant mes yeux. Il se transforme en monstre effrayant, comme dans un de mes cauchemars que je fais sans arrêt. Il faut que je parte, je ne peux pas rester ici, mais je suis prise au piège. Il m’est impossible de faire demi-tour. Et la vérité se fait de plus en plus dans mon esprit, comme si on jouait avec mes entrailles. Je regarde par terre, du sang… C’est le sang de Sauvage qui se déverse en flots immenses sur le plancher. Son visage n’a plus aucun lien avec celui de Sauvage.

— Que fais-tu dans MON château??? Aaarrrg!!!!!

Il vient pour s’avancer vers moi, mais il tombe par terre. Le sang continue de couler, comme si c’était une rivière tumultueuse. Malgré le fait qu’il ne ressemble plus du tout à Sauvage, je remarque que ses yeux expriment encore un peu d’humanité. Je dois l’arrêter, sinon il va mourir!

Je ferme les yeux et j’imagine un être encore plus effrayant que le monstre. Je vais chercher au plus profond de moi, là où je n’ose jamais aller, là où il fait noir, là où ça sent mauvais et j’ouvre les yeux. Derrière Sauvage, il y a… la Sorcière! Un fil d’argent la relie à Sauvage. Il revient peu à peu à lui et le sang disparaît. Qu’ai-je fait? Il regarde au-delà de moi. Oh! Mon Dieu, NON!!!!!!

— Va-t’en, Fë…

— Sauvage, non attend!

La Sorcière me regarde, satisfaite.

Tu as fait ton choix, Fë…

— Quel choix?

Il sort du château, suivit par la Sorcière. Je suis de nouveau forcée à les suivre. 

Maintenant, devant moi, Sauvage est à quatre pattes. Il pleure. La Sorcière est près de lui.

— Que choisis-tu, Sauvage? Veux-tu de nouveau blesser Fë? C’est de ta faute si elle est triste… Elle a peur de toi… Les larmes dans ses yeux... Tu la rends malade!

— Non! Non… non… non! Elle est si importante pour moi!

— Si elle est importante, tu devrais la laisser vivre sa vie de l’autre côté et plus JAMAIS la faire venir ici. C’est malsain pour elle, ici!

— Mais… je ne voulais qu’être près d’elle!

— C’est égoïste de ta part, tu ne trouve pas? Elle est là, dit lui de t’oublier!

Il tourne son visage vers moi.

— Fë…

Il y a un trou béant dans ma poitrine. J’ai mal pour lui. Comme il serait mieux sans moi!

— Je vais partir, Sauvage. Je vois bien que tout est de ma faute. Je ne veux plus te faire de mal. Oui, je vais t’oublier, comme ça, tu ne pourras plus jamais avoir mal à cause de moi!

— Non…

— Fë, donne-moi les pages de ton journal…

Je viens juste de me rendre compte que je tiens effectivement les pages arrachées de mon journal. Je les remets à la Sorcière. À ce moment, une tour fait son apparition derrière la Sorcière. Et je me sens reculer. L’image de Sauvage devient comme une faible lumière au bout d’un tunnel noir. Bientôt, l’image disparaît. Il n’y a que le noir.

Commentaires

je viens de découvrir ton blog.... et je viens de me rendre compte que j'ai 63 chapitres de retard....
Mais tu écris tres bien !!
bonne journée

Ecrit par : Ibid Norio | 20 juin 2008

très dur le moment du choix.... ça blesse et ça fait mal...

Ecrit par : Elvi/elfdancer | 23 juin 2008

BRRRRRR.................

Ecrit par : leyannis/niessou/siriuzana | 23 juin 2008

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